À 42 ans, Nathalie Goyer est dans la forme de sa vie. Le 9 mai dernier, elle a pris part à son 42e marathon, au mont Saint-Michel, en France. Seuls de forts vents l'ont empêchée de battre sa meilleure marque personnelle sur l'épreuve de 42 km.

Simon Drouin LA PRESSE

Enseignante à la maternelle à Saint-Bruno, Nathalie Goyer est l'une des quatre ou cinq meilleures marathoniennes au Québec, toutes catégories confondues. Chez les vétérans (40 ans et plus), elle se classe régulièrement parmi les meilleures Canadiennes. Son record personnel de 2h50min51sec fut le meilleur chrono réalisé par une Québécoise en 2008. Elle espère bien l'abaisser demain lors d'un marathon à Burlington, dans le Vermont, où les côtes représenteront un obstacle supplémentaire. «Sinon, je me reprendrai à l'automne», espère-t-elle. Plus tôt cette année, à Toronto, elle a réussi sa meilleure performance à vie au 10 km: 35min42sec.

 

Nathalie Goyer n'est pas tombée dedans quand elle était petite. Elle s'est mise à la course à pied sur le tard, à 27 ans, après une période difficile sur le plan personnel. «J'avais la montagne de Saint-Bruno juste à côté de chez moi. Je me suis jointe à un groupe d'amis et je me suis dit: merde si ça va mal, j'ai au moins deux jambes et je peux encore courir», se rappelle-t-elle.

Elle s'est mise plus sérieusement au marathon un peu passé la trentaine. Elle attribue une partie de cette amélioration constante à cette vocation tardive: «Je me suis peut-être épargnée.» Aujourd'hui, le marathon est un «mode de vie». «Comme manger et dormir», dit-elle. «Tout ma vie est orientée vers ça. C'est là que j'ai trouvé mes amis, c'est là que j'ai commencé à voyager.»

Elle court en moyenne de huit à 10 heures par semaine, pour une distance de 80 à 100 kilomètres. En «vacances», ça peut passer à 15 heures, pour 140 à 160 kilomètres. Elle aimerait bien pouvoir être en vacances plus souvent. Elle court beaucoup en montagne, dans le parc du mont Saint-Bruno, son terrain de jeu. Elle court parfois dans sa piscine. Depuis quelques années, elle s'adonne aussi au ballet classique «parce que la flexibilité commence à faire défaut».

Comment conjugue-t-elle sa vie de coureuse quasi professionnelle à un emploi à temps plein? «En faisant de l'acrobatie!» Elle court avant le début des classes ou sur l'heure du lunch. «La fin de semaine, je double souvent, avec mon cinq à sept du soir.» Elle concède que la vie sociale en prend parfois pour son rhume. «Mais comme me le faisait remarquer une amie, quand on va courir un marathon, c'est comme un gros party. On est avec plein de gens qui aiment faire la même chose que nous.»

Nathalie Goyer partage sa passion en initiant des élèves de cinquième et sixième année dans le cadre d'une activité parascolaire. Elle «contamine» aussi des collègues et amis qui se sont mis à la course à pied. Et elle passe de moins en moins pour une extra-terrestre. Sauf lors de ce séjour sur un bateau de croisière, il y a deux ans, où elle s'occupait d'enfants sept jours sur sept. Elle trouvait quand même le moyen de courir ses 100 km hebdomadaires sur la piste aménagée sur le bateau...

À 42 ans, Nathalie Goyer sait que sa progression finira bien par s'arrêter. En attendant, elle en profite «le temps que ça dure» en s'alignant sur quatre ou cinq marathons par année plutôt que les deux que la logique sportive commanderait. «Je donne un coup en ce moment parce que je n'ai pas l'impression que ce sera éternel.» Après, il y aura d'autres défis, comme cet ultra-marathon de 84 km en Afrique du Sud, son «beau rêve fou».