Les parents qui fument en présence de leurs enfants les rendent parfois dépendants à la nicotine, selon des chercheurs québécois. La cigarette en voiture en présence d'enfants, interdite en Nouvelle-Écosse depuis l'an dernier, est particulièrement dangereuse.

Mis à jour le 2 oct. 2008
Mathieu Perreault LA PRESSE

Les chercheurs ont découvert que 5% des adolescents qui n'avaient jamais fumé la cigarette montraient des symptômes de dépendance. Le fait d'avoir des parents qui ont fumé en leur présence, particulièrement dans la voiture, augmentait le risque de faire partie de ce groupe. Le tabagisme en voiture des parents augmentait de 20% le risque d'avoir des symptômes de dépendance chez les non-fumeurs.

 

«C'est la première fois qu'on montre que la fumée secondaire peut créer de la dépendance à la nicotine», explique l'auteur principal de l'étude, Mathieu Bélanger, épidémiologiste à l'Université de Moncton, qui a travaillé sur un échantillon mis sur pied à l'Université de Montréal. «Il y avait un lien très clair avec le tabagisme des parents.»

Les symptômes étaient évalués à partir d'un questionnaire demandant si les répondants avaient envie de fumer en voyant d'autres personnes fumer, entre autres. D'autres facteurs de risque, comme des frères, soeurs ou amis qui fument, annulaient l'influence du tabagisme des parents à la maison, mais pas en voiture. «En voiture, le fait d'avoir été exposé à la fumée secondaire durant l'enfance demeure un facteur de risque statistiquement significatif pour la dépendance à la nicotine plus tard, à l'adolescence, explique l'épidémiologiste Bélanger, qui a publié l'étude dans la revue Addictive Behaviors.

Les chercheurs veulent maintenant mieux comprendre les mécanismes en cause. Et surtout, confirmer leurs résultats. «Il est possible, mais peu probable, que les enfants dont les parents sont fumeurs soient plus sensibles à la dépendance à la nicotine parce qu'ils partagent les mêmes gènes que leurs parents, plutôt que parce qu'ils ont été exposés à la nicotine.»

Néanmoins, le Dr Bélanger estime que l'étude est une preuve de la nécessité des lois interdisant aux parents de fumer en voiture en présence de leurs enfants, comme c'est le cas en Nouvelle-Écosse.