Le géant pharmaceutique américain Johnson and Johnson a annoncé lundi un accord avec l'Hôpital général du Massachusetts pour commercialiser un test sanguin capable de détecter la moindre cellule cancéreuse, ouvrant la voie à une plus grande efficacité des traitements.

Publié le 3 janv. 2011
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Cette nouvelle technologie a le potentiel d'offrir un test facile à effectuer pour détecter et dénombrer les cellules cancéreuses et aussi pour en déterminer les caractéristiques biologiques», explique Robert McCormack, responsable de l'innovation technologique et de la stratégie de Veridex, filiale de Johnson and Johnson spécialisée dans les tests in vitro.

«Récolter les informations contenues dans ces cellules dans un contexte clinique in vitro pourra aider à sélectionner les traitements et à voir comment les malades y répondent», ajoute-il dans un communiqué.

«Il y a un besoin urgent et grandissant de technologies de pointe et non invasives pour aider à sélectionner un traitement et à surveiller la réponse tout au long de l'évolution de la maladie», souligne le Dr Nicholas Dracopoli, directeur général de la recherche sur les marqueurs biologiques chez Johnson and Johnson.

Ce test sanguin capable de détecter la présence de la moindre cellule cancéreuse en circulation dans le sang grâce à un éventail de marqueurs génétiques et de protéines devrait pouvoir un jour remplacer les techniques actuelles de dépistage comme les mammographies, les coloscopies ainsi que les biopsies, estiment ces chercheurs.

Les recherches précédentes ont montré que la plupart des cancéreux avaient des cellules malignes en circulation dans leur sang, signe que le cancer s'est déjà propagé ou est sur le point de faire des métastases.

La FDA, l'agence américaine de réglementation des médicaments et des produits alimentaires, a déjà autorisé la commercialisation de cette technologie dite CTC («Circulating Tumor Cell») pour dénombrer les cellules cancéreuses chez des malades souffrant de cancers du sein, de la prostate et du colon qui se sont généralisés.

Un décompte d'au moins trois cellules cancéreuses par échantillon de sang débouche sur un pronostic mauvais, indiquant probablement que la maladie continue de progresser.

Le nouveau test qu'entend mettre au point et commercialiser Johnson and Johnson est plus sensible et permet de détecter la présence d'un cancer avant qu'il ne soit découvert par les méthodes existantes de dépistage.

Le test se présente sous la forme d'une micropuce informatique contenant tout un éventail d'anticorps qui s'attachent à la surface des cellules cancéreuses et les rend lumineuses pour faciliter leur détection et leur capture pour analyse.

Les résultats des recherches effectuées sur cette micropuce avaient été publiés dans la revue médicale américaine New England Journal of Medicine ainsi que dans la publication britannique Nature.

Une équipe française menée par le Dr Jean-Louis Viovy de l'Institut Curie avait annoncé en septembre 2010 la mise au point d'un «laboratoire sur puce»  pour détecter et analyser les cellules tumorales dans des «microbiopsies» de malades atteints de différents types de leucémies.

Leurs travaux avaient été publiés dans les Annales de l'Académie nationale des sciences (PNAS) américaine.

Ces mêmes chercheurs français travaillent sur une nouvelle génération de puce afin de détecter des cellules tumorales dans le sang, à l'instar de la micropuce de Veridex.