Un médicament qui stimule la production d'hormone de croissance s'est avéré inefficace pour ralentir la progression de la maladie d'Alzheimer chez l'homme, malgré des résultats prometteurs chez les souris, selon une étude à paraître mardi dans le journal Neurology.

AGENCE FRANCE-PRESSE

De précédentes études, réalisées sur des souris, avaient montré qu'une hormone baptisée IGF-1 (insulin-like growth factor 1) contribuait à réduire l'accumulation de plaques séniles dans le cerveau.

Ces plaques, appelées bêta-amyloïdes, sont considérées comme une cause importante des symptômes de la maladie d'Alzheimer en matière de mémoire et de comportement.

Les chercheurs ont utilisé pendant un an un médicament expérimental afin de stimuler la production d'hormones de croissance dans l'organisme de 208 patients atteints d'une forme légère ou modérée de la maladie d'Alzheimer, tandis que 208 autres patients recevaient un placebo.

Ils ont réussi à augmenter le taux d'hormone de croissance dans le sang des patients auxquels avait été administré le médicament, ce qui a provoqué une stimulation de la production d'IGF-1.

Mais le médicament a échoué à ralentir la progression des symptômes de la maladie d'Alzheimer. «Ces travaux laissent penser que le ciblage de ce système hormonal ne constitue sans doute pas une approche efficace pour ralentir le rythme de progression de la maladie d'Alzheimer», écrit l'auteur de cette recherche, J.J. Sevigny, du laboratoire de recherche Merck basé en Pennsylvanie.

«Cela remet en cause la théorie communément admise selon laquelle les hormones pourraient attaquer la plaque de bêta-amyloïdes dans le cerveau, et apporte une nouvelle pierre au corpus de connaissances cliniques sur la maladie d'Alzheimer, alors que nous sommes à la recherche de traitements plus efficaces», ajoute le chercheur.