Des chercheurs néerlandais ont découvert qu'une faible «poignée de main» chez les gens de 85 ans et plus serait un indice de mortalité imminente. Les médecins pourraient s'en servir pour déceler des problèmes graves.

Mis à jour le 10 févr. 2010
Mathieu Gobeil LA PRESSE

L'équipe de la Dre Carolina Ling du centre médical de l'Université de Leyde, aux Pays-Bas, a suivi 555 personnes de 85 ans pendant 10 ans ou jusqu'à leur décès, en compilant toutes leurs données médicales. À l'aide d'un dynamomètre, petit appareil qui mesure la force de contraction, on a évalué la poigne des participants à 85 ans et une autre fois à 89 ans.

 

Les chercheurs ont découvert que plus la poigne est faible, plus le risque est grand de mourir prochainement, peu importe la cause du décès. Ce lien est d'autant plus fort à mesure qu'on vieillit. Chez les personnes de 89 ans, une poigne faible double les risques de mourir.

Les auteurs de l'étude précisent toutefois qu'il reste à vérifier si la force musculaire a un effet direct sur le risque de décès, ou si d'autres facteurs associés à la vigueur des muscles entrent en ligne de compte.

Selon le Dr Allen Huang, gériatre au Centre universitaire de santé McGill, on pourrait éventuellement prescrire la physiothérapie pour augmenter le tonus musculaire chez les plus à risque, si d'autres études viennent préciser ce lien.

Dynamomètres à la maison

Le Dr Huang envisage également l'utilisation de dynamomètres à la maison pour assurer un suivi constant, ce qui permettrait d'intervenir à temps. «Le dynamomètre est un outil simple, facile à employer», écrit-il dans un commentaire sur l'étude parue lundi dans le Journal de l'Association médicale canadienne.

«C'est une étude importante. Il faut faire plus de recherches sur la santé des 80 ans et plus, parce que leur nombre augmente rapidement», mentionne-t-il en entrevue. Il ajoute que le système de santé doit se préparer à faire face à des besoins criants pour ce groupe d'âge. Le Québec compte actuellement 300 000 personnes de 80 ans et plus.