Le redémarrage du plus grand accélérateur de particules du monde, le LHC à Genève, interviendra probablement vers la «mi-novembre», a indiqué mardi le porte-parole du Centre européen de recherche nucléaire (CERN).

Mis à jour le 4 août 2009
LA PRESSE CANADIENNE

Le LHC, qui doit permettre des avancées dans notre compréhension de la structure de la matière et de l'univers, a connu une importante panne quelques jours après sa mise en service en septembre dernier.

Lors d'une réunion jeudi ou vendredi, «nous n'allons pas annoncer de date précise (de redémarrage) mais nous envisageons la mi-novembre», a déclaré à l'AFP, James Gillies, chef de la communication du CERN.

«Nous allons décider à quelle énergie nous allons faire fonctionner cette année» le collisionneur, a ajouté le porte-parole, qui a précisé que le LHC ne fonctionnerait pas cette année à pleine puissance.

«Nous serons sûrement au-dessus de un TeV (téraélectronvolt), ce qui correspond à l'énergie du Tevatron» au Fermilab près de Chicago (États-Unis), actuellement le plus puissant collisionneur de particules en service au monde.

Les 53 aimants endommagés l'an dernier ont été réparés ou remplacés et des nouveaux systèmes de sécurité installés le long de l'anneau de 27 km de circonférence enterré à 100 mètres sous terre de part et d'autre de la frontière franco-suisse, près de Genève.

Mais «il y a toujours quelques interconnexions dans la machine qui ont une certaine résistance» pouvant entraîner un réchauffement potentiellement dangereux pour les aimants supraconducteurs, refroidis à une température très proche du zéro absolu (-273,15°C), a encore déclaré M. Gillies.

Le LHC sera remis en route malgré ces imperfections, mais les nouvelles installations devraient garantir une coupure de courant très rapide en cas de fuite, pour que les aimants ne soient pas de nouveau endommagés.

Dans un bulletin posté sur son site Internet lundi, le CERN rappelle que des fuites de vide, qui provoquent un réchauffement, se sont encore produites il y a trois semaines sur deux secteurs du LHC.

«Si la cause et l'emplacement exact des fuites restent indéterminés, on soupçonne qu'elles proviennent dans les deux cas d'un tuyau flexible des circuits de transport de l'hélium liquide», selon ce texte qui précise qu'une solution de réparation existe, s'il est confirmé que les tuyaux sont à l'origine du problème.

Les 1700 aimants supraconducteurs du LHC sont chargés de focaliser et de guider les faisceaux de protons lancés à une vitesse qui frôle celle de la lumière. Lorsque ces faisceaux se percutent, les gerbes de particules issues de ces collisions sont enregistrées par d'immenses détecteurs eux-mêmes reliés à des calculateurs surpuissants, répartis à travers le monde.

En analysant ces données, les physiciens espèrent trouver la preuve de l'existence des particules éphémères comme le boson de Higgs, à l'origine de la notion de masse en physique théorique, ou apprendre de quoi est faite de la matière noire.

La construction du LHC a duré 20 ans et a coûté 3,9 milliards d'euros (6 milliards de dollars).