Un nouvel élément chimique, découvert dans un laboratoire allemand, vient de voir son existence officiellement reconnue, mais il reste six mois pour lui trouver un nom: la BBC invite les internautes à participer sur son site.

Mis à jour le 12 juin 2009
AGENCE FRANCE-PRESSE

L'équipe du professeur Sigurd Hofmann, au Centre de recherche sur les ions lourds (GSI) à Darmstadt (ouest d l'Allemagne), a réussi à fabriquer un nouvel élément dans un accélérateur de particules, en créant des collisions entre atomes de zinc et de plomb, dont les noyaux comptent respectivement 30 et 82 protons.

Le nouvel atome issu de la fusion de ces noyaux compte 112 protons, la somme de ceux des deux éléments d'origine.

«Le nouvel élément est approximativement 277 fois plus lourd que l'hydrogène, ce qui en fait l'élément le plus lourd du tableau périodique», qui sert à classifier les éléments en fonction de leurs propriétés chimiques, a déclaré mercredi dans un communiqué le GSI, qui venait de voir sa découverte officiellement reconnue.

Les propriétés chimiques d'un élément dépendent du nombre d'électrons négatifs qui gravitent autour du noyau : le nouvel atome en a 112, autant que les protons à charge électrique positive.

L'Union internationale de chimie pure et appliquée (UICPA) a donné six mois aux chercheurs pour trouver un nom à ce nouvel atome.

Relatant la nouvelle sur son site, la BBC invite les internautes à proposer un nom pour l'élément 112, en motivant leur choix.

Depuis 1981, l'équipe internationale du Pr Hofmann a déjà réussi à produire cinq autres éléments n'existant pas à l'état naturel. Ils ont de 107 à 111 protons et sont baptisés dans l'ordre: Bohrium, Hassium, Meitnerium, Darmstadtium et Roentgenium.

«Nous sommes ravis que maintenant le sixième élément - et donc tous les éléments découverts au GSI durant les trente dernières années - aient été officiellement reconnus», a déclaré Sigurd Hofmann dans le communiqué.

Il reste à l'équipe scientifique à trouver le nom de l'élément 112, a-t-il ajouté, précisant que 21 scientifiques allemands, finlandais, russes et slovaques avaient participé à la découverte.