La navette américaine Atlantis avec sept astronautes à bord, a été lancée avec succès lundi vers Hubble pour une dernière mission attendue et risquée de réparation et modernisation du premier télescope spatial qui a révolutionné l'astronomie.

Jean-Louis Santini AGENCE FRANCE-PRESSE

Atlantis a pris son envol au dessus de l'Atlantique comme prévu à 14h01 depuis le Centre spatial Kennedy près de Cap Canaveral dans un ciel bleu parsemé de nuages.

«C'est une belle journée pour voler et de la part de toutes les équipes de préparation du Centre spatial Kennedy et du télescope Hubble, je vous souhaite bonne chance et bon vent pour cette grande mission et nous vous reverrons dans onze jours», a déclaré à l'adresse de l'équipage Mike Leinbach le directeur du lancement quelques minutes avant le décollage.

«De la part de l'équipage, je vous remercie de tout coeur», a répondu le commandant de bord d'Atlantis Scott Altman.

Atlantis a atteint l'orbite terrestre en huit minutes et demi. Les deux fusées d'appoint, qui assurent 80% de la poussée peu après le lancement, se sont séparées comme prévu deux minutes après le décollage pour retomber dans l'Atlantique où elles seront récupérées.

Peu avant d'atteindre l'orbite à 225 kilomètres d'altitude, le réservoir externe s'était détaché avant de se désintégrer en retombant dans l'atmosphère.

Atlantis va maintenant poursuivre son ascension pour un rendez-vous avec Hubble à 563 km d'altitude - soit quasiment deux fois celle (350 km) de la Station spatiale internationale (ISS) - mercredi en début d'après-midi.

Les manoeuvres d'approche pour atteindre le télescope de 12,5 tonnes doivent commencer à 11h41 GMT (7h41 HAE).

«Si nous réussissons (cette mission), Hubble sera plus puissant et plus robuste que jamais et fonctionnera encore au moins jusqu'en 2014», avait expliqué récemment Ed Weiler, directeur des missions scientifiques à la NASA.

Hubble sera pleinement opérationnel en attendant l'arrivée en 2013 de son successeur, le James Webb Space Telescope, capable de remonter jusqu'au «Big bang» qui a marqué la naissance de l'univers il y a 13,7 milliards d'années.

Au cours de cinq sorties orbitales de 7 heures chacune, les astronautes vont procéder à de multiples tâches dont certaines nécessitent des techniques de haute précision.

Ils vont remplacer les six gyroscopes de Hubble, ses six batteries, sa protection thermique, son système informatique de secours et installer deux nouveaux instruments, le spectromètre des origines des rayonnements cosmiques (Cosmic Origins Spectrograph ou COS) et une caméra à champ large (Wide Field Camera 3).

La puissance d'observation et de découverte de Hubble va ainsi être multipliée de dix à 70 fois.

Outre la difficulté technique, la mission est plus risquée qu'un vol vers l'ISS, du fait du danger accru d'un impact catastrophique d'une micro-météorite ou d'un débris orbital à l'altitude plus élevée de l'orbite de Hubble.

La NASA estime ce risque à une chance sur 221 lors de ce vol contre près d'une chance sur 300 pour l'ISS.

Une navette de secours, Endeavour, a été exceptionnellement placée sur un autre pas de tir du Centre Kennedy, prête à être lancée dans les sept jours avec un équipage de quatre astronautes pour une éventuelle mission de secours. Atlantis sera trop loin de l'ISS pour venir s'y amarrer.

Après cette mission, il ne restera que huit vols avant la mise en retraite des trois navettes en septembre 2010, une fois l'ISS achevée.