Après plus d'un an de réparations, le grand collisionneur de hadrons (LHC), le plus grand accélérateur de particules jamais construit, a été remis en service vendredi soir, a annoncé le Centre européen de recherche nucléaire (CERN).

Alexander Higgins ASSOCIATED PRESS

D'après le porte-parole du CERN James Gillies, les chercheurs pensaient en relançant la machine que le processus prendrait neuf heures de plus. En fait, le premier faisceau de particules a circulé dans le sens des aiguilles d'une montre vendredi dès 22h. «Certains scientifiques étaient rentrés chez eux et ont dû être rappelés», a déclaré M. Gillies à l'Associated Press. Deux heures plus tard, vers minuit, un autre faisceau circulait en sens inverse.

Les expériences devraient reprendre en janvier prochain.

Le LHC, un anneau de 27km de circonférence à 100m sous terre à la frontière franco-suisse, avait été mis en route en fanfare le 10 septembre 2008, mais avait dû être arrêté 36 heures après, à cause d'une importante panne électrique.

Le LHC est conçu pour propulser les protons à une vitesse proche de celle de la lumière, grâce notamment à ses 9.300 aimants supraconducteurs. L'incident avait endommagé 53 de ces aimants.

En août dernier, le CERN avait annoncé que l'accélérateur de particules serait remis en service au mois de novembre, à la moitié de sa puissance.

Le LHC doit être utilisé pour faire entrer des protons en collision. Il doit aussi être employé pour provoquer des collisions entre des ions de fer.

«C'est super de voir des faisceaux circuler à nouveau dans le LHC», s'est réjoui le directeur général du CERN Rolf Heuer. «Nous avons encore du chemin à parcourir avant que les expériences physiques ne reprennent mais, avec cette étape franchie, nous sommes en bonne voie».

Grâce au LHC, les chercheurs espèrent détecter des traces de l'invisible «matière noire», censée composer plus de 96% de l'univers, et percer le mystère du «boson de Higgs», particule jusqu'ici théorique qui donnerait sa masse à la matière.

Le projet est orchestré par les 20 États européens du CERN, mais au total plus de 8 000 scientifiques de 80 pays y participent.

Le LHC a coûté quelque sept milliards d'euros et les réparations 27 millions d'euros.