Des opposants au plus grand accélérateur de particules du monde, qui devrait être relancé samedi après quatorze mois d'arrêt après une grave panne, ont saisi vendredi l'ONU accusant la Suisse, la France et l'Allemagne ne pas «garantir la sécurité de leurs citoyens».

Mis à jour le 20 nov. 2009
Genève AGENCE FRANCE-PRESSE

Ces adversaires - connus sous le nom de ConCERNed international - du grand collisionneur de hadrons (LHC) accusent les Etats membres du Centre européen de recherche nucléaire (Cern), «spécialement la Suisse, la France et l'Allemagne, ne pas avoir exercé leurs responsabilités légales afin de garantir la sécurité des citoyens».

Ces opposants ont déposé une plainte auprès du Comité des droits de l'homme de l'ONU, estimant que le Cern et ses Etats membres ont violé plusieurs articles du Pacte international relatif aux droits civils et politiques de l'ONU.

«Tant qu'il n'y a pas de preuves claires que l'éventuelle production de 'mini trous noirs' - que plusieurs scientifiques du Cern espèrent créer - ne représente pas un danger ni à court terme, ni à long terme pour la vie et pour la planète Terre», le Cern ne devrait pas relancer le LHC, avertissent les opposants dans un communiqué.

Contacté par l'AFP, un porte-parole du Comité des droits de l'homme de l'ONU a indiqué ne pas être en mesure de savoir si l'ONU avait reçu cette plainte.

Et selon les prévisions du Cern, les particules devraient commencer à circuler à nouveau «tôt samedi matin» dans le LHC qui n'a fonctionné jusqu'ici que quelques heures après sa mise en route en septembre 2008.

Le LHC, un joyau scientifique de plusieurs milliards d'euros, doit permettre des progrès dans la connaissance de la composition de la matière et de l'univers.

L'instrument avait été victime de deux pannes successives quelques jours à peine après son lancement en grande pompe le 10 septembre 2008.

Le premier incident était survenu moins de 48 heures après le démarrage de de l'instrument de physique.

Le second, le 19 septembre, avait été jugé sérieux cette fois car provoqué par un défaut sur un des aimants supraconducteurs chargés de guider les particules dans les 27 km du circuit de l'accélérateur enfoui à 100 mètres sous terre de part et d'autre de la frontière franco-suisse, près de Genève.