Un groupe de chercheurs veut exhumer le corps de Galilée, à Florence (centre de l'Italie), afin de prélever un échantillon de son ADN pour comprendre comment l'astronome, qui souffrait d'une maladie aux yeux, voyait à travers son télescope, a indiqué lundi à l'AFP un historien.

Mis à jour le 19 janv. 2009
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Galilée (1564-1642) était atteint de troubles visuels et il est ensuite devenu aveugle. Si nous réussissons grâce à l'ADN à comprendre comment cette maladie déformait sa vue, cela pourrait entraîner d'importantes découvertes pour l'histoire de la science», explique Paolo Galluzzi, directeur de l'Institut de l'histoire de la science à Florence, à l'origine de ce projet.«Nous pourrions notamment expliquer certaines erreurs que Galilée a commises: pourquoi il avait décrit la planète Saturne comme ayant des +oreilles latérales+ plutôt que de l'avoir vue entourée par des anneaux par exemple», ajoute M. Galluzzi.

L'équipe, composée d'historiens, d'astronomes et de psychologues, a déjà fabriqué une réplique exacte du télescope qu'utilisait Galilée, première étape de ce projet.

Selon M. Galluzzi, les chercheurs ont désormais besoin de «reconstituer» le regard de Galilée pour pouvoir reproduire le plus fidèlement possible les conditions dans lesquelles le scientifique a développé sa fameuse conception héliocentrique de l'univers, selon laquelle la Terre tourne autour du Soleil.

«Des chercheurs en ophtalmologie ont estimé d'après les symptômes dont se plaignait Galilée qu'il devait être atteint d'une maladie d'origine génétique. Désormais, il est possible d'en fournir la preuve grâce à l'analyse de l'ADN», se réjouit M. Galluzzi.

Selon lui, il faudra un an à l'équipe pour régler les formalités administratives préalables à l'ouverture de la tombe et recueillir les quelque 300 000 euros nécessaires au financement du projet.

La tombe du célèbre physicien et astronome italien se trouve dans la Basilique Santa Croce à Florence.

Les Nations unies ont proclamé 2009 année internationale de l'astronomie pour commémorer la première utilisation d'un télescope astronomique par Galilée.