L'année dernière, lors de la tenue des audiences du BAPE sur l'exploitation et l'exploration du gaz de schiste à Longueuil, la Ville de Huntingdon avait soumis un mémoire faisant état de sa volonté de participer au développement de cette importante industrie par l'entremise de la vente d'eau potable et le traitement des eaux usées issues du processus de fracturation. Ce souhait s'est concrétisé par la signature d'ententes à long terme avec l'industrie.

Stéphane Gendron<br><br><i>L'auteur est maire de Huntingdon.</i>

Depuis le début du traitement des eaux de fracturation des bassins de La Présentation, dans la région de St-Hyacinthe en novembre dernier (pour le compte de Cambrian Energy), la Ville doit subir les foudres d'écologistes extrémistes de l'extérieur de notre région. Il ne se passe pas une semaine sans que des alarmistes viennent publier des opinions et des humeurs dans les pages de nos journaux locaux.

Pourtant, aucun de ces éteignoirs ne s'est donné la peine de venir vérifier auprès de la mairie ne serait-ce que les capacités techniques de traitement des eaux de nos installations. Même Daniel Green de la Société pour vaincre la pollution - une personne que j'estime beaucoup - a décrété des inexactitudes dans une lettre ouverte sur le sujet.

Depuis le début du traitement des eaux de fracturation, l'indice de radioactivité dans la rivière Châteauguay est demeuré inchangé, les truites sont testées sur une base hebdomadaire, et aucune mort n'a été rapportée. Notre usine démontre des résultats de 100% tant à l'affluent qu'à l'effluent. La mauvaise nouvelle pour nos amis les écologistes, c'est qu'il ne se passe absolument rien.

Pour une ville comme Huntingdon qui a été durement éprouvée par la fermeture en bloc de toutes ses usines de textile en 2005, l'alliance avec l'industrie gazière constitue une planche de salut inespérée. Notre usine de traitement des eaux usées est l'une des 11 usines ayant la capacité de traiter les eaux de fracturation au Québec. D'ailleurs, ces rejets ont une composition chimique et une charge environnementale énormément moindre que les rejets du textile à l'époque.

Pourtant, les extrémistes de la religion environnementale n'étaient pas là avec leurs pancartes quand le textile roulait dans le tapis. Pourquoi? Il en va de même pour notre usine de filtration qui peut fournir à l'industrie gazière plus de 15 millions de litres quotidiennement sans même affecter les besoins municipaux.

Pourquoi alors s'en prendre à la Ville de Huntingdon - qui rend service à l'environnement en traitant les eaux de fracturation? Le culte de l'environnement est-il rendu à ce point au Québec qu'on préfère se priver de revenus fiscaux importants en régions?

En refusant les faits et la science, et surtout en refusant à l'avance d'y voir clair, on finit par rester petit. N'en déplaise aux groupes de pression, la devise de la Ville de Huntingdon - «Avancez» - va continuer à nous guider dans cette nouvelle alliance avec l'industrie gazière.