En feuilletant ma Presse du samedi 17 décembre, je tombe sur cet article de Denis Lessard  relatant les négociations entre l'ADQ et la CAQ. La narration est captivante et, manifestement, Monsieur Lessard a accès à des sources bien informées.Tout au long de ma lecture, je me dis qu'il n'y a pas là grand chose de bien surprenant. L'état dans lequel se trouve l'ADQ depuis sa déconfiture aux élections générales et les résultats plus que décevants dans Bonaventure ne lui donnent pas le gros bout du bâton. Je n'aurais pas voulu être à la place de Gérard Deltell aux prises avec une telle mission.

Publié le 19 déc. 2011
Jean-François Couture

L'auteur est retraité

Poursuivant ma lecture, voilà que j'arrive à ce point sur lequel François Legault bloque complètement. Il s'agit de cette fameuse promesse de verser  cent dollars par semaine aux mères souhaitant rester à la maison au lieu de confier leurs enfants à une garderie. «Trop cher» estime le «comptable» Legault à qui Denis Lessard semble donner raison. Or, l'État ne verse-t-il pas plus de quarante dollars par jour par place en CPE? Voilà une somme qui doit bien faire dans les deux cents dollars et plus la semaine, soit plus du double de la promesse adéquiste. Bien sûr, une partie de cet argent revient à l'État du Québec sous forme d'impôt du personnel mais un montant presque aussi important s'en va à Ottawa.

Il est possible que moi, qui ne suis pas «comptable», j'aie tout faux sur ce chapître de la simple comptabilité et qu'en l'occurrence, tous comptes faits, cent soit plus grand que deux cents.  Mais c'est l'argument suivant qui m'a presque fait échapper mon croissant dans mon bol de café au lait. En effet, Monsieur Lessard nous rapporte que, mandés d'urgence auprès de Monsieur Legault, deux messieurs, éminents économistes de surcroît , MM. Fortin et Godbout, lui ont fourni un argument rédhibitoire: «Cette mesure aurait un effet dévastateur sur la participation des femmes au marché du travail».

À une époque où les droits des femmes ont atteint des niveaux auxquels des gens comme ma mère n'auraient même pas osé rêver, voilà que des «messieurs fort compétents» leur nieraient le droit de décider d'envoyer, ou pas, leur héritiers dans une garderie sous prétexte que leur absence volontaire et temporaire du marché du travail serait quelque chose de «dévastateur». Bref, mesdames, tenez vous-le pour dit: vous pouvez choisir plein de choses, mais question carrière et enfants, des messieurs dans leur grande sagesse estiment qu'ils savent mieux ce qui est bon pour vous. Que vous le vouliez ou non, vous aller devoir aller travailler. Votre absence serait «dévastatrice», rien de moins.

Connaissant le caractère de ma défunte mère et son attitude face aux diktats, j'imagine sans peine ce qu'aurait été sa réaction. Elle se serait exclamée: «Moi aux travaux forcés? Non merci!»