L'entente de Cancún ne fait rien pour réduire les émissions de GES tant recommandées par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). Il remet jusqu'à l'année prochaine le débat sur l'opportunité d'étendre le protocole de Kyoto de 1997 et laisse en plan le débat sur la forme juridique du prochain traité climatique.

Adrien Pouliot<br><br><i>L'auteur est président de Draco Capital inc., société d'investissement privée.</i>

L'entente de Cancún ne fait rien pour réduire les émissions de GES tant recommandées par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). Il remet jusqu'à l'année prochaine le débat sur l'opportunité d'étendre le protocole de Kyoto de 1997 et laisse en plan le débat sur la forme juridique du prochain traité climatique.

Les frileux résultats du sommet de Cancún s'expliquent par l'instinct de survie des politiciens. Ainsi, deux premiers ministres australiens adhérant aux politiques climatiques onusiennes ont perdu leur emploi en un an, rejoignant les rangs du premier ministre du Royaume-Uni qui favorisait aussi de telles idées. Nicolas Sarkozy, lui qui ne voulait rien de moins que de sauver la planète il y a un an en imposant une taxe sur le carbone, a retiré cette proposition deux jours après la défaite cuisante de son parti en mars : deux-tiers des Français s'opposaient à une telle taxe. Stéphane Dion a été décapité par le Parti libéral du Canada pour avoir proposé la même chose lors de sa désastreuse campagne de 2008.  

Le premier ministre Zapatero a dramatiquement réduit les garanties de prêts dont les 600 fabricants photovoltaïques espagnols bénéficiaient après qu'un institut libertarien ait révélé que chaque mégawatt produit sous sa nouvelle politique énergétique allait faire perdre cinq emplois. Son geste fut imité par Silvio Berlusconi à l'égard des entreprises d'énergie solaire et éolienne italiennes. L'Allemagne, l'Australie et le Royaume-Uni sont aussi à réviser leurs subventions à ces industries.

L'appui aux programmes climatiques est également en chute libre aux États-Unis, où les sondages - comme en Europe - démontrent que la grande majorité des électeurs rejette le catastrophisme de réchauffement. Les électeurs américains ont récemment montré la porte aux législateurs américains qui appuyaient la loi «cap and trade» de Barack Obama et les ont remplacés par d'autres qui ne croient pas aux épouvantails climatiques.

Évidemment, il n'y a rien comme une bonne récession pour remettre les priorités aux bonnes places. Mais d'autres signes de la fin de l'affolement climatique laissent croire à une vague de fond. Le Chicago Climate Exchange, qui prévoyait être le premier marché du carbone à atteindre 500 millions de dollars, a clos ses portes cet été. Al Gore vient d'avouer que son travail de promotion de l'éthanol à base de maïs n'avait que pour but d'acheter le vote agricole dans son État et était une «erreur». La Fondation canadienne pour les sciences du climat et de l'atmosphère, ayant brûlé 100 millions de nos taxes pour endoctriner nos enfants à la cause du réchauffement climatique, a fermé boutique, faute de trouver de nouvelles mamelles subventionnaires à téter.

Quand l'accord de Copenhague a proposé que les pays développés lèvent 100 milliards par année d'ici 2020 pour aider les pays en voie de développement à restreindre leurs émissions, les contribuables des pays développés ont compris que cet alarmisme climatique ne déguisait en fait qu'une nouvelle taxe sur leur niveau de vie.  

De l'aveu altermondialiste d'Ottmar Edenhofer, coprésident d'un groupe de travail du GIEC, «en fait, nous redistribuons la richesse de la planète grâce aux politiques publiques climatiques... Il faut cesser de croire que les politiques publiques climatiques sont des politiques publiques environnementales».

La directrice exécutive de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques admet qu'«il n'y aura pas d'accord définitif sur le changement climatique de (son) vivant»: c'est peut-être un signal à ceux qui sèment la terreur climatique de réorienter leur carrière. Les politiciens, eux, devraient écouter leurs électeurs-contribuables s'ils ne veulent pas que ces derniers ne réorientent la leur.