Ayant eu l'opportunité de prendre connaissance d'une récente entrevue du président de la société Gastem Energy, Raymond Savoie, j'ai apprécié la clarté et la pertinence de ses propos ainsi que la sérénité de son ton qui contrastait avec celui de certains opposants professionnels de notre industrie de la contestation systématique et systématisée. Accaparer la couverture médiatique avec des sorties qui relèvent davantage du spectacle que de l'argumentation factuelle et rigoureuse, c'est tellement plus facile et vendeur.

Publié le 9 oct. 2010
Denis Piché

L'auteur est conseiller financier. Il réside à Laval.

Ayant eu l'opportunité de prendre connaissance d'une récente entrevue du président de la société Gastem Energy, Raymond Savoie, j'ai apprécié la clarté et la pertinence de ses propos ainsi que la sérénité de son ton qui contrastait avec celui de certains opposants professionnels de notre industrie de la contestation systématique et systématisée. Accaparer la couverture médiatique avec des sorties qui relèvent davantage du spectacle que de l'argumentation factuelle et rigoureuse, c'est tellement plus facile et vendeur.

S'il est sans doute simpliste et facile de faire des procès d'intention à l'industrie pétrolière et gazière, il est déplorable de constater que très peu de personnes, parmi nos élites québécoises si bien pensantes, n'ont le courage de se lever et de défendre les intérêts des véritables actionnaires, c'est-à-dire les Québécois qui, il y a près de 10 ans maintenant, ont pris le risque d'investir des capitaux dans le développement de cette filière gazière que certains démagogues tentent de diaboliser.

Tous ceux qui vocifèrent des insultes contre ces entrepreneurs oublient qu'il faut des visionnaires audacieux pour créer cette fameuse richesse collective qui leur permet, entre autres privilèges qu'ils confondent allègrement avec des «droits acquis», de se payer par exemple des garderies à 7$ par jour, ou encore de fréquenter l'université moyennant des frais de 1200$ par session.

À l'heure où le Québec voit poindre à l'horizon des avenues qui lui permettraient d'être moins tributaire de la péréquation, nos beaux esprits égalitaristes rendraient bien plus service à la société et à leurs concitoyens s'ils faisaient preuve d'un peu plus de réalisme et abandonnaient leurs vieux automatismes de réclamer sans cesse de plus en plus de services, alors que nous avons à l'évidence de moins en moins les moyens de nous les payer. L'État, ne leur en déplaise, n'est pas un «bar ouvert», et il est plus que temps que nous acceptions collectivement de faire des choix et d'assumer les responsabilités qui y sont rattachées.

Créer la richesse, c'est facile à dire lorsqu'on est confortablement assis dans des gradins où l'on joue aux gérants d'estrade; c'est par contre pas mal plus difficile à faire lorsque le temps est devenu de se cracher dans les mains et de mettre l'épaule à la roue. Il est grand temps de le rappeler à l'opposition péquiste qui souffle le chaud et le froid en même temps ainsi qu'aux pseudo-lucides qui sont plus enclins à noircir du papier dans leurs lofts branchés que leurs souliers sur le plancher des vaches.

Les vrais pionniers qui méritent davantage de respect et de reconnaissance de la population, ce sont tous ces Québécois qui ont accepté de prendre le risque d'investir des millions de dollars dans l'exploration des schistes d'Utica, en dépit des quolibets de tous ces beaux esprits qui, une fois encore, nous prouvent leurs immenses talents pour critiquer et démolir, avant de récolter sans retenue et sans gêne les fruits semés par d'autres!

À bons découvreurs, salut!