Je suis mère d'un bébé de 7 mois et je nage présentement en plein désarroi et en pleine anxiété, me doutant fort bien que je n'obtiendrai probablement pas de place en CPE pour mon retour au travail prévu en octobre prochain. J'espère (peut-être bien naïvement, mais j'espère tout de même) que cette lettre, de concert avec les autres parents qui ont pris le temps de dénoncer cette situation inacceptable et indigne de notre société soi-disant avant-gardiste et progressiste, contribuera à favoriser l'accès à ces places tant convoitées et rarissimes. En effet, pour le moment, le gouvernement qui encourage pourtant la natalité ne dispose vraisemblablement pas des structures et des outils adéquats pour faire face aux conséquences de ses philosophies.

Catherine de Ravinel<br><br><i>Infirmière de profession, l'auteure habite Montréal./i> CYBERPRESSE

Je suis mère d'un bébé de 7 mois et je nage présentement en plein désarroi et en pleine anxiété, me doutant fort bien que je n'obtiendrai probablement pas de place en CPE pour mon retour au travail prévu en octobre prochain. J'espère (peut-être bien naïvement, mais j'espère tout de même) que cette lettre, de concert avec les autres parents qui ont pris le temps de dénoncer cette situation inacceptable et indigne de notre société soi-disant avant-gardiste et progressiste, contribuera à favoriser l'accès à ces places tant convoitées et rarissimes. En effet, pour le moment, le gouvernement qui encourage pourtant la natalité ne dispose vraisemblablement pas des structures et des outils adéquats pour faire face aux conséquences de ses philosophies.

Ce n'est pas normal que malgré toutes les pirouettes et les démarches administratives auxquelles je me sois livrée, malgré les heures passées au téléphone, mon petit garçon soit 39e sur la liste d'attente du CPE de mon quartier où il est soi-disant prioritaire en vertu de mon code postal? Je n'ose même pas imaginer quel rang il occupe sur la liste d'attente des autres CPE où je l'ai inscrit... Je l'ai pourtant mis sur toutes ces listes d'attente alors que j'avais 11 semaines de grossesse. J'aurais difficilement pu entamer mes démarches avant! Malgré cela, les chances qu'il ait une place pour le mois de septembre sont quasi nulles, mon CPE ne prenant que 10 poupons. Sachant qu'il y a peu de mouvements durant l'année, il me faudra attendre encore une autre année avant qu'il puisse enfin faire son entrée à la garderie.

Il est vrai qu'en dehors des CPE, les places en milieu familial sont légion, et que j'en trouverai bien un qui prendra mon enfant. Vrai aussi que les services offerts sont de qualité inégale, que les horaires variables, voire restreints, sont beaucoup moins adaptés aux réalités professionnelles que dans les CPE, que les listes d'attente sont inexistantes, les sélections se faisant «à la tête du client», et que pour obtenir une place, non seulement faut-il encore une fois se livrer à d'interminables démarches, mais aussi se livrer à une intense entreprise de séduction, sans vraiment savoir si l'on veut réellement que notre enfant passe 40 heures par semaine en ces lieux.

Au Québec, peut-être encore plus qu'ailleurs, beaucoup de chemin a été fait pour faciliter la conciliation travail-famille. Il en reste néanmoins pas mal à parcourir. À la suite de toutes ces considérations et questions posées plus haut, je pose la question à Yolande James, ministre de la Famille: êtes-vous en mesure de me dire quelles actions concrètes seront mises en place dans un avenir prochain afin de faire baisser de façon considérable le temps d'attente d'une place en CPE se sorte que ces places ne constituent plus un privilège réservé à une poignée de favorisés? Pouvez-vous me dire ce que vous comptez faire pour garantir un service plus uniforme et équitable pour les nouveaux parents et leurs enfants? Serez-vous celle qui fera la différence et dont on se souviendra pour avoir enfin réglé ce dossier «chaud»?

Des réponses claires du gouvernement et du ministère de la Famille, suivies d'actions concrètes permettront peut-être à de futurs parents de vivre leur congé parental au jour le jour, sans la crainte quasi constante de ne pas pouvoir trouver un endroit sécuritaire et stimulant pour leur bébé le jour où ils devront retourner travailler. Comme nouvelle maman, c'est mon voeu le plus cher.