Quand on souffre de douleurs chroniques liées à la sclérose en plaques, c'est très long de trouver la combinaison de médicaments avant d'en arriver à un certain confort. Et souvent, la médication proposée n'est efficace qu'un certain temps, il faut changer régulièrement, ajuster les doses... c'est un sacré foutoir!

Marie-Josée Gallant<br><br><i>L'auteure est Montréalaise, atteinte de sclérose en plaques depuis quatre ans.</i> LA PRESSE

Quand on souffre de douleurs chroniques liées à la sclérose en plaques, c'est très long de trouver la combinaison de médicaments avant d'en arriver à un certain confort. Et souvent, la médication proposée n'est efficace qu'un certain temps, il faut changer régulièrement, ajuster les doses... c'est un sacré foutoir!

Pourtant, Santé Canada le sait depuis longtemps, la marijuana calme ces douleurs sans entraîner les effets secondaires atroces des médicaments qu'on achète chez notre pharmacien, prescrits par notre médecin.

Depuis que j'ai découvert que la marijuana pouvait me soulager, sans créer de dépendance, sans avoir à augmenter la dose, mes nuits sont désormais beaucoup plus sereines, et reposantes. La qualité de mon sommeil a un impact direct sur mon état général du lendemain.

Pas de mari avant de dormir, ça veut carrément dire une nuit de douleurs aux jambes ! Des spasmes, des crampes! Ça fait atrocement mal. Quand mon corps se met au repos, mon système nerveux l'envoie promener en activant à outrance les muscles de mes jambes, parfois même de mon dos.

Je suis mère de trois enfants, dont deux ados. Mes ados comprennent bien la raison de ma consommation. Aussi petite soit-elle, elle n'en est pas moins régulière et essentielle à ma qualité de vie. J'ai toujours détesté acheter de la mari. En plus, ça me stresse d'aller acheter dans la rue... je suis quand même mère de famille! Alors, quand j'ai découvert le Club Compassion, ça a été pour moi une véritable bénédiction! Enfin, plus à chercher auprès de mes connaissances, ou dans la rue! Quand on achète de n'importe qui, on n'a jamais la même qualité, ça devient difficile de doser notre consommation.

Avec le Club Compassion (j'allais sur Saint-Laurent), il y avait un suivi régulier et sérieux. Je leur ai expliqué mes symptômes, et les narcotiques prescrits pour calmer mes douleurs. On m'a proposé un type de mari qui me soulage sans les problèmes gastriques et de dépendance que les narcotiques pharmaceutiques pouvaient créer. Un service efficace et personnalisé.

Ça fait deux ans que je consomme pour calmer mes douleurs. Jamais je n'ai augmenté ma consommation, mise à part une poussée aiguë. Une fois par mois, j'allais chercher ma petite dose de mari, et retournais chez moi sans déranger personne. Maintenant, vous savez ce que ma fille de 15 ans m'a dit à la suite de la fermeture du Club Compassion?

«Maman, je sais que c'est difficile pour toi de chercher à te procurer de la mari, je vais demander à un ami... il sait où en avoir.» Bien entendu, je refuse que ma fille me procure de la mari ! Mais étant à mobilité réduite, je me vois bien mal aller au métro Berri ou Mont-Royal en demandant aux passants qui aurait de la mari. Je ne sais pas comment acheter ça dans la rue!

Oui, Santé Canada offre un permis pour les gens qui ont la sclérose en plaques. Pourtant, le Club Compassion a fait toutes les vérifications nécessaires, pour être certain que j'avais bel et bien la SP. Mon neurologue sait que je consomme de la mari, il n'endosse juste pas la prescription, parce que socialement, c'est encore un gros tabou ! Même si on sait que ça soulage ! Son discours est celui-ci: «J'ai beaucoup de patients qui consomment et qui n'en retirent que des bénéfices... je ne vais pas à l'encontre de cette pratique. Mais je refuse de signer pour l'autoriser. Je préfère rester neutre face au phénomène.»

Alors, va-t-il vraiment falloir qu'on se retourne vers nos ados pour soulager nos douleurs? On préfère encourager les organisations criminelles! Pourvu que les chastes yeux de cette société ne soient pas dérangés... Réveillez-vous, quelqu'un!