Un premier soldat canadien est mort en Afghanistan, depuis la fin de la mission de combat du Canada. Le caporal-chef Byron Garth Greff revenait tout juste de vacances quand l'autobus qui le ramenait à son campement a été pris pour cible par un kamikaze, samedi à Kaboul.

Pierre-André Normandin LA PRESSE

Même si la capitale afghane reste éloignée des principaux combats, l'insurrection continue d'y orchestrer des attaques meurtrières dans lesquelles une vingtaine de soldats étrangers meurent en moyenne chaque année.

Samedi, un kamikaze au volant d'une voiture bourrée d'explosifs a déclenché son dispositif au passage d'un autobus qui transportait de nombreux soldats étrangers. La violence de l'explosion a complètement soufflé le véhicule, tuant au moins 17 personnes, dont 13 soldats de l'OTAN.

Les insurgés semblent profiter de l'interdiction faite par le président afghan Hamid Karzaï aux armées étrangères d'utiliser leurs imposants véhicules blindés pour circuler dans Kaboul afin d'éviter d'engorger davantage ses rues. Depuis quelques années, les militaires doivent donc recourir à des autobus qui, même s'ils sont renforcés, restent plus vulnérables aux explosions.

Le carnage de samedi aurait pu être plus grave encore. L'autobus ciblé par le kamikaze venait tout juste de déposer une partie de ses passagers. Basé à Edmonton en Alberta, le caporal-chef Greff n'aura toutefois pas eu cette chance. Douze Américains ont également péri.

Le jeune père de famille en était à sa deuxième mission en Afghanistan. Il s'y était rendu en 2009 pour servir de mentor à une unité de soldats afghans dans la région de Kandahar. Son commandant lui a rendu hommage, le décrivant comme un «travailleur acharné respecté de ses collègues».

Byron Greff est le 158e soldat canadien à mourir en Afghanistan, mais le tout premier depuis la fin de la mission de combat, en juillet. Le Canada a quitté les champs de bataille de Kandahar, dans le sud du pays, pour se concentrer d'ici mars 2014 sur la formation des soldats et policiers afghans, à Kaboul. Le caporal-chef Greff formait des Afghans qui prendront eux-mêmes en charge l'entraînement en vue du départ des troupes internationales.

L'armée canadienne compte présentement un peu plus de 900 militaires en poste à Kaboul. Il reste néanmoins encore 1200 soldats canadiens à Kandahar qui s'affairent à démanteler les installations canadiennes afin de rapatrier tout le matériel au pays d'ici le mois de décembre.

En voyage en Australie, le premier ministre Stephen Harper a offert ses condoléances à la famille du soldat mort samedi. «Le caporal-chef Greff a fait le sacrifice ultime de sa vie au service de son pays. Sa vie et sa mort illustrent la bravoure et le dévouement exceptionnel des membres des Forces armées canadiennes qui participent à cette mission.»