Le roi Abdallah a regagné Ryad mercredi après un traitement médical de trois mois à l'étranger en distribuant des milliards de dollars à ses sujets au moment où la contestation politique dans les pays arabes est alimentée par la grogne sociale.

Mis à jour le 23 févr. 2011
Omar Hassan AGENCE FRANCE-PRESSE

Il reprend les rênes du géant régional et premier exportateur de pétrole mondial dans un contexte de craintes pour la stabilité du Golfe en raison de la contestation chiite du pouvoir sunnite du Bahreïn, son petit voisin oriental.

À l'occasion de son retour, le roi a pris une série de mesures sociales bénéficiant notamment aux fonctionnaires, aux étudiants et aux emprunteurs. Il a aussi gracié des Saoudiens condamnés pour délits financiers.

Le coût de ces mesures est évalué à des dizaines de milliards de dollars.

Fait marquant, le souverain saoudien a été salué à son retour par le monarque du Bahreïn, le roi Hamad ben Issa Al-Khalifa, venu l'accueillir.

Bahreïn, petit voisin de l'Arabie saoudite, est secoué par une vague de contestation sans précédent, les chiites majoritaires exigeant une démission du gouvernement dominé par la famille royale sunnite et une monarchie constitutionnelle.

Il est proche de la province orientale de l'Arabie saoudite, habitée par la communauté chiite saoudienne forte de quelque deux millions de personnes et qui renferme l'essentiel des réserves pétrolières saoudiennes.

L'Arabie saoudite, a exprimé un soutien sans faille au gouvernement du Bahreïn dominé par les membres de la dynastie sunnite des Al-Khalifa et rejeté toute ingérence étrangère dans les affaires de son voisin. Pendant son absence, le roi Abdallah, 86 ans, a subi deux opérations au dos.

L'âge du roi Abdallah et le caractère exceptionnel de l'annonce de son hospitalisation avaient alimenté des rumeurs sur l'avenir de la direction du royaume, un acteur-clé dans la politique au Moyen-Orient et premier exportateur mondial de pétrole.

Son retour a été célébré avec éclat par les Saoudiens qui se sont alignés sur le passage de son convoi pour le saluer en agitant des drapeaux vert et blanc, selon les images des télévisions saoudiennes.

Des groupes folkloriques ont dansé et chanté et les femmes étaient nombreuses à participer à son accueil. Samedi a été déclaré jour férié.

Le roi Abdallah a été montré après sa descente d'avion, assis sur un fauteuil. Il a été salué en premier par le roi du Bahreïn et les membres de la famille royale saoudienne au complet.

Le souverain avait quitté Ryad le 22 novembre pour New York où il a été opéré d'une hernie discale, compliquée d'un hématome. Il a subi une deuxième opération début décembre. Il était en convalescence au Maroc depuis le 22 janvier.

Il revient dans son pays au moment où le monde arabe est agité par des bouleversements politiques sur fond de grogne sociale.

Au cours de son absence, le président égyptien Hosni Moubarak, un proche allié de l'Arabie saoudite, a été chassé du pouvoir par la rue le 11 février, après son homologue tunisien Zine El Abidine Ben Ali, qui s'est réfugié le 14 janvier à Jeddah dans l'ouest de l'Arabie saoudite.

Outre Bahreïn, le Yémen, voisin du sud de l'Arabie saoudite, est également secoué par une vague de contestation du régime du président Ali Abdallah Saleh à laquelle s'est jointe la rébellion chiite.

Cette rébellion implantée dans le nord du Yémen limitrophe de l'Arabie saoudite avait effectué des incursions en territoire saoudien et a été combattue par l'armée saoudienne avant la trêve intervenue en février dernier.La presse saoudienne, paraissant mercredi, a vu dans le retour du roi un gage de stabilité pour la région, le quotidien Arab News soulignant notamment que «le souverain est maintenant le seul pilier de la stabilité régionale».