Le chef du Hezbollah soutenu par l'Iran, Hassan Nasrallah, a appelé mardi le gouvernement libanais à demander l'aide de Téhéran dans le cadre des efforts visant à équiper l'armée du pays.

Mis à jour le 24 août 2010
AGENCE FRANCE-PRESSE

«J'appelle le gouvernement libanais à demander le soutien et l'aide de l'Iran pour équiper l'armée», a déclaré Nasrallah dans un discours diffusé sur écran géant à l'occasion d'un «iftar» (repas de rupture du jeûne musulman).

«Je m'engage  (...) à ce que le Hezbollah (...) mette à profit son amitié avec l'Iran pour qu'il aide à équiper l'armée libanaise dans la mesure du possible», a-t-il ajouté.

«Je ne parle pas d'achats mais d'aides. Je pense que si le gouvernement demande cela officiellement, (...) l'Iran n'hésiterait pas à aider l'armée libanaise», a poursuivi le chef du Hezbollah.

Nasrallah a indiqué que ce sujet pourrait être évoqué lors de la visite prévue du président iranien Mahmoud Ahmadinejad à Beyrouth après le mois du ramadan.

Le 7 août, à la suite d'un accrochage meurtrier entre soldats libanais et israéliens à la frontière, le président de la République a annoncé le lancement d'une «campagne nationale, arabe et internationale» pour équiper l'institution militaire de «tout genre d'armement qui lui permettrait de défendre le pays».

Faible en effectifs et en équipement moderne, démunie d'avions de combat, l'armée libanaise compte au moins 60 000 hommes.

Un élu démocrate américain, Howard Berman, avait annoncé avoir bloqué début août une aide américaine de 100 millions de dollars destinée à l'armée libanaise, au motif qu'il ne pouvait être certain que cette dernière ne collabore pas avec le Hezbollah.

Le département d'État américain a toutefois indiqué depuis cette fusillade que Washington n'envisageait pas de «réévaluer sa coopération militaire avec le Liban» après les accrochages frontaliers.

Les États-Unis ont fourni au Liban depuis 2006 une aide militaire d'environ 720 millions de dollars.

L'armée libanaise s'est déployée dans le sud du Liban, fief du Hezbollah, après la fin de la guerre entre Israël et le parti chiite en 2006, après une absence d'une trentaine d'années. Israël a retiré ses troupes du sud du Liban en 2000 après 22 ans d'occupation.