Un navire libanais transportant des militantes et des fournitures quittera dimanche le Liban et tentera de forcer le blocus qu'Israël impose à la bande de Gaza, même s'il a été averti qu'il ne pourrait se rendre au-delà de Chypre, ont annoncé les organisatrices jeudi.

Elizabeth A. Kenendy ASSOCIATED PRESS

Le navire ne peut se rendre directement du Liban à la bande de Gaza puisque Beyrouth est encore techniquement en guerre contre Israël, ce qui oblige le bateau à passer par un tiers pays, Chypre, avant de prendre la direction du territoire palestinien sous blocus.

L'ambassadeur de Chypre au Liban, Kyriacos Kouros, a déclaré jeudi à l'Associated Press que le navire, le Mariam, serait forcé de rebrousser chemin quand il atteindrait le territoire chypriote.

M. Kouros a expliqué que Chypre avait une responsabilité morale et légale envers ceux qui sont autorisés à entrer dans ses eaux territoriales, et qu'un navire qui cherche à forcer le blocus pourrait mettre en danger des vies, de même que la paix et la stabilité de la région.

Mais l'une des organisatrices de l'expédition, Samar al-Hajj, demeurait résolue jeudi. Elle a affirmé que le navire, qui porte le nom arabe de la Vierge Marie, entreprendra le voyage avec quelque 75 militantes dans le cadre d'une mission visant à apporter dans la bande de Gaza des médicaments contre le cancer, des livres et des jouets.

Mme al-Hajj a affirmé qu'elle et son groupe n'étaient pas des enfants à qui l'on pouvait dire de rester à la maison. Elle s'est exprimée lors d'une conférence de presse chaotique à l'extérieur du port de Tripoli, dans le nord du Liban, où les forces de sécurité ont empêché le groupe de s'adresser aux médias à partir du bateau.

L'armée israélienne n'a pas voulu dire si elle intercepterait le navire, affirmant seulement qu'elle surveillait la situation et se préparait en conséquence.

Un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, Daniel Zonshine, a affirmé qu'Israël ne s'objectait pas à la livraison d'aide humanitaire pour Gaza, mais que tout envoi devait être coordonné avec les autorités israéliennes.

Mme al-Hajj a affirmé que le président, le premier ministre et le président du Parlement libanais n'avaient pas répondu à ses demandes de rencontre, ce qui semble être le signe de l'absence de soutien du gouvernement à l'expédition.