La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a jugé mercredi que l'offre d'Israël de suspendre partiellement et temporairement la colonisation en Cisjordanie aidait à faire avancer la résolution du conflit entre Israéliens et Palestiniens.

Mis à jour le 25 nov. 2009
AGENCE FRANCE-PRESSE

«L'annonce d'aujourd'hui (mercredi) faite par le gouvernement israélien aide à avancer vers la résolution du conflit israélo-palestinien», a dit Mme Clinton, tout en rappelant le soutien «inébranlable» des Etats-Unis à une solution à deux Etats, dans un communiqué.

Mercredi, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a proposé une suspension partielle de la colonisation pendant dix mois en Cisjordanie, dans le but de relancer les pourparlers sur la paix, tout en excluant «toute limitation de la construction à Jérusalem» comme le demandent les Palestiniens.

L'Autorité palestinienne avait rejeté à l'avance mercredi, avant même l'annonce de M. Netanyahu, toute offre israélienne de gel temporaire ou incomplet de la colonisation.

Tout en jugeant le geste israélien «important», des responsables américains ont insisté mercredi sur le fait que l'administration Obama n'avait «pas changé» de philosophie sur la question et qu'elle attendait toujours que le développement des colonies cesse complètement à la fois en Cisjordanie et à Jérusalem-est.

Mme Clinton a insisté sur la nécessité de reprendre les discussions sur la paix, laissées en lambeaux depuis l'offensive israélienne dans la bande de Gaza en décembre et janvier.

«Nous pensons qu'à travers des discussions de bonne foi, les parties peuvent se mettre d'accord sur un résultat qui mette fin au conflit et réconcilie l'objectif des Palestiniens d'avoir un Etat indépendant basé sur les frontières de 1967 (...) et l'objectif d'Israël d'avoir un Etat juif avec des frontières sûres et acceptées qui satisfassent leurs attentes en matière de sécurité», a-t-elle dit.

«Laissez-moi dire à tous les peuples de cette région et du monde: notre volonté de trouver une solution avec deux Etats vivant côte à côte, en paix et en sécurité, est inébranlable», a ajouté la chef de la diplomatie américaine.

L'émissaire américain pour le Proche-Orient George Mitchell, a affirmé pour sa part au cours d'une conférence de presse que la décision israélienne pouvait ouvrir la voie à une reprise du dialogue de paix.

«Ce n'est pas un gel total des colonies, mais c'est plus que ce qu'aucun gouvernement israélien a fait auparavant, et cela peut faire progresser vers un accord entre les deux parties», a dit M. Mitchell.

Il a évité d'utiliser la formulation «sans précédent», qui avait suscité l'émotion des Palestiniens lorsque Mme Clinton l'avait employée fin octobre pour qualifier la proposition israélienne d'un gel partiel des colonisations juives.

M. Mitchell a toutefois jugé que l'offre d'Israël était «importante» et aurait «un impact sur le terrain».

«Pour la première fois, un gouvernement israélien va arrêter d'approuver des chantiers d'habitation, et toute nouvelle construction de logements et d'infrastructures du même type en Cisjordanie», a souligné M. Mitchell.

Certains édifices publics comme les synagogues et les écoles seront exemptés et les bâtiment déjà en cours de construction seront achevés, a-t-il reconnu.

Mais globalement, la construction va ralentir, «donc un moratoire pourrait signifier beaucoup moins de construction que sans moratoire», a-t-il relevé.