Les États-Unis ont déclaré suivre la situation de près en Iran après la victoire annoncée du président Mahmoud Ahmadinejad, qui suscitait des réactions contrastées dans le monde, Israël appelant à mettre un terme «au terrorisme iranien», tandis que plusieurs responsables occidentaux prenaient note d'«irrégularités» dans son élection.

Mis à jour le 13 juin 2009
AGENCE FRANCE-PRESSE

Les pays et mouvements amis de l'Iran - Syrie, Venezuela, Hamas palestinien et Hezbollah libanais- se sont pour leur part réjouis de la réelection du président sortant.

Prudente, la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton a exprimé l'espoir que le résultat de l'élection présidentielle en Iran reflétait «la véritable volonté et le désir de la population».

La Maison Blanche a indiqué suivre de près l'évolution de la situation en Iran et se pencher en particulier sur les accusations d'irrégularités portées par deux candidats d'opposition.

«Nous continuons à suivre de près la situation dans son intégralité, y compris les informations faisant état d'irrégularités», a déclaré le porte-parole du président Barack Obama, Robert Gibbs.

Même circonspection côté britannique: «Nous prenons note du résultat tel qu'il a été annoncé par la Commission électorale iranienne», a indiqué le chef de la diplomatie David Miliband, estimant que les «inquiétudes exprimées par deux des candidats à propos du comptage des bulletins de vote» étaient «du ressort des autorités iraniennes».

La présidence tchèque de l'Union européenne s'est dite «préoccupée» par les «irrégularités présumées» au cours de l'élection et les «violences» qui ont suivi.

L'Union européenne espère par ailleurs «que le résultat de l'élection présidentielle donnera l'occasion de rétablir le dialogue sur la question nucléaire et de clarifier la position iranienne à cet égard».

Paris a «pris note des résultats» en Iran «tels qu'annoncés par les autorités», mais aussi «de leur contestation par deux des candidats», selon un bref communiqué du ministère des Affaires étrangères, qui assure «suivre la situation de près».

Le Canada s'est déclaré «extrêmement préoccupé» par les informations sur des «irrégularités» ainsi que des actes «d'intimidation», par la voix du chef de la diplomatie, Lawrence Cannon.

Israël a appelé la communauté internationale à agir «sans concession» contre l'Iran.

«La communauté internationale doit agir sans concession contre le programme nucléaire de l'Iran et l'aide apportée par ce pays à des organisations terroristes impliquées dans des tentatives de déstabilisation dans la région», a déclaré le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman.

Pour le vice-ministre israélien des Affaires étrangères, Danny Ayalon, qui a appelé la communauté internationale à mettre un terme «au programme nucléaire iranien et au terrorisme iranien», «la réélection d'Ahmadinejad montre que la menace iranienne est d'autant plus grave».

A Moscou, le chef de la Commission des Affaires étrangères de la Douma, Konstantin Kossatchev a espéré que le président Ahmadinejad ferait preuve de «davantage de compréhension et de sagesse à l'égard de la communauté internationale» et souhaité qu'il «se démarque de la politique unilatérale fondée sur la force militaire et le développement d'un programme nucléaire».

Le président syrien Bachar al-Assad a été le premier à adresser à M. Ahmadinejad «un message de félicitations (...) à l'occasion de sa réélection pour un second mandat, tout en exprimant ses meilleurs voeux au peuple iranien frère pour plus de progrès et de prospérité».

Le mouvement islamiste palestinien Hamas, dont l'Iran est un des principaux soutiens politiques, a estimé par la voix de son porte-parole, Fawzi Barhoum, que les résultats «sont une preuve du succès du programme officiel iranien au service des intérêts du peuple et de sa manière de relever tous les défis».

Le Hezbollah chiite libanais a estimé que la République islamique avait «réussi une nouvelle fois dans l'exercice de la démocratie».

Le président du Venezuela, Hugo Chavez, l'un des rares dirigeants à soutenir le programme nucléaire iranien, a appelé M. Ahmadinejad au téléphone, saluant une «victoire très importante pour les peuples qui luttent pour un monde meilleur».