L'ex-président tchèque Vaclav Havel, longtemps éloigné de la vie publique à cause de la maladie, est mort dimanche à l'aube à l'âge de 75 ans, a-t-on appris auprès de son office.

Publié le 18 déc. 2011
AGENCE FRANCE-PRESSE

L'artisan de la «Révolution de velours» anticommuniste 1989 et chef de l'État tchécoslovaque puis tchèque en 1989 à 2003 s'est éteint dans son sommeil, selon sa porte-parole Sabina Tancevova.

«Son épouse Dagmar était à son chevet jusqu'à ses ultimes moments, tout comme une soeur de la congrégation de Saint-Charles-Borromée qui s'occupait de lui ces derniers temps», a indiqué Mme Tancevova.

Une pneumonie mal soignée en prison et un cancer du poumon étaient à l'origine de ses multiples problèmes de santé. Vaclav Havel avait passé cinq ans dans les geôles communistes avant 1989.

Havel avait été opéré en décembre 1996 d'un cancer du poumon droit. Outre une bronchite chronique, il a souffert de problèmes cardiaques et de troubles intestinaux.

Ces derniers mois, il passait la plupart de son temps dans sa maison de campagne de Hradecek, située à 150 km de Prague, après avoir été hospitalisé en mars pour une pneumonie grave.

La maladie a été accompagnée de différentes complications, dont la «perte d'équilibre, l'affaiblissement de la mémoire et l'amaigrissement», avait expliqué Havel dans une interview.

Samedi dernier, Havel avait rencontré à Prague le dalaï-lama, chef spirituel des bouddhistes tibétains, avant de regagner sa maison de campagne.

«Vaclav Havel a été le symbole des événements de 1989, symbole du retour de notre pays à la démocratie», a déclaré le premier ministre tchèque, Petr Necas, en réaction à l'information sur le décès de M. Havel.

Né le 5 octobre 1936 à Prague dans une famille d'entrepreneurs richissimes, propriétaires de studios de cinéma et de dizaines d'immeubles dans la capitale, Vaclav Havel fut privé d'études par le régime communiste au nom de la lutte antibourgeoise.

Avant de devenir icône de la lutte pour la liberté, Vaclav Havel s'est fait un grand nom dans les années 1960, grâce à son oeuvre dramatique mêlant théâtre de l'absurde et héritage kafkaïen.

Dans les années 1970, Havel entra dans la dissidence pour rédiger le manifeste de la Charte 77, un vibrant plaidoyer politique pour les droits de l'Homme.

Devenu premier président de la Tchécoslovaquie postcommuniste puis de la République tchèque après la «Révolution de velours», il pilota la démocratisation de son pays, puis son adhésion à l'OTAN (1999) et les préparatifs pour l'entrée dans l'UE, conclue en 2004.

Après l'expiration de son mandat en février 2003, malgré sa santé fragile, il se consacra à la lutte pour les droits de l'Homme à Cuba, en Belarus, en Birmanie ou en Russie.

Après la mort de sa première épouse Olga, en 1996, il se remaria avec Dagmar Veskrnova, une actrice de vingt ans sa cadette.