Face à la menace terroriste, au Printemps arabe et à l'émergence de nouvelles puissances économiques, Barack Obama a lancé un cri de ralliement à la Grande-Bretagne et ses alliés occidentaux: «À nous de montrer la voie.»

Mis à jour le 26 mai 2011
Mali Ilse Paquin, collaboration spéciale LA PRESSE

À sa dernière journée à Londres, le président américain a insisté sur l'«alliance indispensable» entre les États-Unis et la Grande-Bretagne, fondée sur une histoire et des idéaux communs.

À la veille de son départ pour la France, où se tient le sommet du G8, il a tenu un discours phare devant un parterre de politiciens et de personnalités publiques, dont l'acteur Tom Hanks, à Westminster Hall.

Il s'agit d'une première pour un président américain. La reine Élisabeth, Nelson Mandela et le pape Benoît XVI sont les trois derniers chefs d'État à s'être adressés aux deux chambres parlementaires dans cette prestigieuse salle, fondée en 1097.

«Ce qui est soit une barre haut placée ou le début d'une blague très drôle», a commenté le président, soulevant les rires.

Chine, Inde et Brésil

Au cours d'une allocution de 45 minutes, Barack Obama a rejeté l'argument voulant que la croissance de la Chine, de l'Inde et du Brésil se fasse au détriment des États-Unis et de l'Europe.

«Nous restons les plus importants catalyseurs d'une action à l'échelle internationale», a-t-il dit, rassurant ainsi le Vieux Continent qui se croit en perte d'influence auprès des États-Unis.

Il a surpris son auditoire en évoquant le passé colonialiste britannique, inextricablement lié à son arbre généalogique. Son grand-père, le Kényan Hussein Onyango Obama, fut serviteur puis prisonnier de l'ancien empire.

«Notre héritage métissé est une grande force. [...] Nous sommes la preuve qu'il est possible pour les descendants d'anciennes colonies de siéger dans ce formidable Parlement, et pour le petit-fils d'un Kényan qui fut cuisinier pour l'armée britannique, d'être devant vous en tant que président des États-Unis», a-t-il déclaré, provoquant des applaudissements.

Soupçonné de rébellion, Hussein Onyango Obama, avait été incarcéré et torturé par les forces colonialistes en 1949, selon sa veuve Sarah Onyango.

«Kadhafi doit partir»

Plus tôt dans la journée, le président et David Cameron ont nié être les nouveaux George Bush et Tony Blair, malgré une vieille guerre en Afghanistan et une nouvelle en Libye, à une conférence de presse à Downing Street.

Sur le dossier libyen, le ton de Barack Obama était plus nuancé que le premier ministre britannique, qui a déclaré: «Kadhafi doit partir.»

La Grande-Bretagne et la France annonceront aujourd'hui le déploiement d'hélicoptères de combat en Libye, dans le but de débloquer l'impasse militaire.

«Barack Obama veut se distancier d'un appel à un ¨changement de régime¨, une expression devenue taboue depuis George Bush», explique Alexis Crow, experte à Chatham House.