L'ancien premier ministre français Dominique de Villepin a fait un pas de plus vers une candidature à l'élection présidentielle de 2012 en présentant jeudi son «projet de refondation politique», dont la proposition majeure est un «revenu citoyen» mensuel.

AGENCE FRANCE-PRESSE

S'il entend «assumer et incarner» ce projet, Dominique de Villepin, qui a quitté récemment le parti majoritaire UMP et fondé son propre mouvement «République solidaire», n'a pas annoncé une candidature à l'Elysée, estimant que le moment n'était pas venu.

M. de Villepin, 57 ans, attend d'abord que son horizon judiciaire soit dégagé: il doit comparaître en mai en appel dans l'affaire Clearstream, une vaste affaire de machination politique qui l'oppose à son grand rival Nicolas Sarkozy et dans laquelle il a été relaxé en première instance.

L'ex-premier ministre de Jacques Chirac, de 2005 à 2007, ne cesse d'étriller depuis des mois la politique de Nicolas Sarkozy, allant jusqu'à dire qu'il représentait «l'un des problèmes de la France», mais pour l'instant lui-même ne dépasse pas les 5% d'intentions de vote dans les sondages.

Dominique de Villepin veut «proposer une véritable refondation, politique économique et sociale» seule capable de répondre «à la souffrance des Français».

La mesure-phare de son projet consiste à instaurer un «revenu citoyen» de 850 euros par mois, ouvert aux plus de 18 ans n'ayant aucune ressource et, d'une manière dégressive, à tous ceux qui gagnent moins de 1 500 euros.

Cette mesure de «30 milliards d'euros» est «essentielle» à ses yeux «pour débloquer le système», mais est critiquée dans ses propres rangs, car jugée trop coûteuse au regard du déficit de la France et trop proche de l'assistanat.

M. de Villepin souhaite aussi rendre le vote obligatoire tout comme le paiement de l'impôt sur le revenu, même s'il est symbolique. Il entend instaurer un «service citoyen» obligatoire pour une période d'un an fractionnable de 18 ans à 25 ans.

Au plan institutionnel, il prône un gouvernement resserré autour de dix grands ministères et la création de 8 grandes régions françaises contre 22 actuellement.