Des producteurs belges ont déversé mercredi trois millions de litres de lait dans un champ à Ciney, dans le sud de la Belgique, pour protester contre des prix de vente trop bas, qui ne leur permettent plus selon eux de couvrir les prix de revient.

Mis à jour le 16 sept. 2009
ASSOCIATED PRESS

Quelque 300 tracteurs remorquant des citernes de lait ont répandu dans un champ l'équivalent d'une journée de production en Wallonie (la partie francophone de la Belgique), a expliqué Erwin Schoepges, représentant belge de la Fédération européenne des producteurs laitiers (EMB).

Les prix, soulignent les producteurs, se sont effondrés jusqu'à 18 centimes d'euro le litre, ajoutant qu'il est impossible de couvrir les coûts et d'avoir un revenu minimum sous un seuil de 40 centimes le litre. «Nous allons à la catastrophe. Personne ne peut produire du lait à ces prix», souligne l'EMB.

«Nous souffrons beaucoup depuis plus d'un an maintenant, mais au cours des derniers mois, c'est devenu vraiment impossible», a de son côté commenté Xavier Delwarte, président de la Fédération belge de groupements d'éleveurs et d'agriculteurs. «Notre situation financière est désespérée».

«C'est vraiment un travail difficile. Si on ne gagne pas un petit peu d'argent, pourquoi continuer, même si c'est un beau travail», se demande Martine Lameau, venue de la province belge du Luxembourg. Les producteurs belges ont emboîté le pas à leurs collègues français, aussi «grévistes du lait» pour les mêmes raisons. Des actions ont également eu lieu en Allemagne et aux Pays-Bas.

«Encore trois comme ça, et 40% des producteurs français de lait seront condamnés à la faillite», a expliqué Pascal Massol de l'Association des producteurs de lait indépendants (APLI).