Le Sénat des États-Unis a rejeté jeudi un texte anti-contraception, au coeur d'une polémique qui agite la classe politique américaine à huit mois des élections de novembre 2012.    

Publié le 1er mars 2012
AGENCE FRANCE-PRESSE

Les élus ont écarté cet amendement à un projet de loi sur les Transports, proposé par le sénateur républicain Roy Blunt, par 51 voix contre 48.

Une sénatrice républicaine, Olympia Snowe, a voté contre ce texte.

L'amendement Blunt aurait permis aux employés et assureurs de refuser de fournir une couverture pour la contraception, pour des raisons religieuses ou morales.

En pleine campagne pour les élections présidentielle et législatives de novembre 2012, les républicains les plus conservateurs s'opposent à la volonté de l'administration d'appliquer des dispositions sur le remboursement de la contraception issues de la réforme de l'assurance-maladie d'Obama promulguée en 2010.

Dans une campagne qui penche à droite, les républicains bataillent contre les politiques sociales de l'administration Obama et évoquent le premier amendement de la Constitution américaine, qui garantit la liberté religieuse.

Peu avant le vote, le sénateur Blunt a fustigé la mesure initiée par l'administration sur le remboursement de l'avortement. «Ce problème ne disparaîtra pas, sauf si l'administration décide de s'en débarrasser en donnant aux personnes croyantes les protections du premier amendement», a-t-il dit.

Mais la question est un terrain miné pour les candidats à l'investiture républicaine qui risquent de perdre le vote des femmes.

Le chrétien conservateur Rick Santorum est favorable à l'amendement Blunt.   De son côté, le modéré Mitt Romney a affiché une position ambiguë, affirmant dans un premier temps lors d'une interview à une radio locale de l'Ohio qu'il n'était «pas pour l'amendement». Le candidat s'est ensuite rétracté, assurant qu'il avait mal compris la question.

La mesure a été jugée «extrême» et «idéologique» par le chef de la majorité démocrate Harry Reid. M. Reid a souligné que cet amendement était susceptible de toucher d'autres soins tels que les mammographies ou les vaccinations anti-grippe.