Michele Bachmann travaillait mardi à se présenter comme une candidate sérieuse, tentant de tordre le cou à une réputation de gaffeuse qui retient l'attention des médias, après son entrée remarquée lundi dans la course à la Maison Blanche.

Mis à jour le 28 juin 2011
Emmanuel Parisse AGENCE FRANCE-PRESSE

À Myrtle Beach (Caroline du Sud), elle a inauguré un bus de campagne arborant ses couleurs pour se rendre à un premier gros rassemblement de campagne, devant une foule enthousiaste de plus de 1000 personnes.

Un peu plus tôt dans la journée, elle était à Raymond (New Hampshire, nord-est) pour une réunion politique dans le jardin d'une propriété privée. «Ceci est une colonne vertébrale en titane. Nous avons besoin d'un président audacieux. Il faut réaliser de grandes choses, pas des petites», a-t-elle dit en montrant son dos.

La représentante du Minnesota qui a présenté officiellement sa candidature lundi depuis sa ville natale de Waterloo dans l'Iowa, entend faire campagne pour gagner ses gallons de présidentiable.

À l'instar de sa rivale du «tea party» Sarah Palin qui laisse toujours planer le doute sur une éventuelle candidature à la présidentielle, Mme Bachmann est connue pour ses bourdes publiques.

Lundi, elle a confondu le lieu de naissance dans l'Iowa de l'icône du cinéma américain John Wayne avec celui d'un tueur en série John Wayne Gacy.

En visite récemment dans le New Hampshire, elle aussi a affirmé que les premières escarmouches de la guerre d'indépendance américaine avaient eu lieu dans le New Hampshire et non dans le Massachusetts.

Ces sorties maladroites ont suscité de nombreux commentaires dans la presse qui la compare à une «nouvelle Palin», en référence à l'ancienne co-listière du candidat républicain John McCain en 2008 qui avait affirmé notamment qu'elle voyait la Russie depuis sa maison en Alaska.

Mardi à Myrtle Beach, elle a répondu à des journalistes: «C'est le jeu. Je pense qu'il faut se préparer à ce que les médias disent».

Seule femme à ce jour à avoir présenté sa candidature à l'investiture républicaine, elle devra aussi s'affirmer comme une candidate crédible face à ses concurrents masculins.

Face à elle, l'ancien gouverneur du Massachusetts Mitt Romney, le favori actuel du camp républicain, possède l'expérience d'une première candidature en 2008. Le candidat Ron Paul chasse sur les mêmes terres populistes que Mme Bachmann. Rick Santorum pourrait pour sa part attirer les votes de la droite chrétienne qu'elle même courtise. Les autres candidats Jon Huntsman, Herman Cain ou encore Tim Pawlenty sont aussi en embuscade.

Pour les affronter, elle doit non seulement gagner en crédibilité mais aussi se faire connaître davantage du public. Un sondage Gallup publié mardi estime que son nom est désormais connu par 69% des personnes interrogées, contre 52% en février dernier.

La représentante, qui a présenté officiellement sa candidature lundi depuis sa ville natale de Waterloo (Iowa), a soudainement attiré l'attention des médias américains, portée par un sondage la plaçant au coude à coude avec M. Romney.

Un autre grand défi de la candidate ultraconservatrice du «tea party» sera de séduire les républicains plus conventionnels et la direction d'un parti dirigé par l'élite washingtonienne dont elle se défie.

Après l'Iowa et le New Hampshire, Michele Bachmann se rend mardi après-midi en Caroline du Sud, trois États où se joueront début 2012 les premières primaires républicaines, déterminantes pour le choix du candidat républicain qui affrontera Barack Obama en novembre 2012.