Ils ont pris soin d'avertir leurs prochains de l'apocalypse à venir pendant plusieurs mois, certains se délestant de biens matériels alors que d'autres vidaient leur compte bancaire. Samedi, ils ont attendu l'heure fatidique, soit 18h00, avec vigileance.

Mis à jour le 22 mai 2011
Garance Burke ASSOCIATED PRESS

Lorsque les aiguilles des horloges ont indiqué que l'heure était venue à divers endroits du globe, dont la côte est des États-Unis, et qu'aucun cataclysme particulier ne s'était produit, Keith Bauer -qui avait plié bagages avec sa famille et conduit les milliers de kilomètres séparant sa maison du Maryland de la Californie- n'a pas scillé.

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«J'étais un peu sceptique mais j'essayais d'éliminer ce sentiment en moi parce que je crois en Dieu», a-t-il expliqué à l'extérieur du siège social du groupe religieux Family Radio International à Oakland. Le fondateur du regroupement, Harold Camping, annonçait la fin du monde sur les ondes de cette radio depuis des années.

M. Bauer a mentionné qu'il aurait aimé que l'apocalypse se produise puisqu'à son avis, le paradis est un endroit de loin préférable à la Terre.

«Mais c'est Dieu qui nous dirige, pas Harold Camping», a-t-il ajouté.

Le camionneur avait entamé son périple vers l'ouest la semaine dernière, affirmant que cela ne servait à rien de travailler puisqu'il n'empocherait aucun salaire si la fin du monde devait se produire.

Après s'être arrêté devant les bureaux de l'organisation, M. Bauer avait prévu se rendre jusqu'à l'océan Pacifique pour ensuite commencer le voyage du retour dimanche.

L'arrivée du Jugement dernier, prévue le 21 mai, a été annoncé abondamment par M. Camping sur les ondes de plusieurs radios et sur des sites Internet. L'ingénieur civil à la retraite, âgé de 89 ans, a construit un empire médiatique chrétien - d'une valeur de plusieurs millions de dollars - qui publicise ses prédictions de fin du monde. M. Camping affirmait que l'apocalypse surviendrait aux environs de 18 h 00 samedi, bien que des croyants avaient souligné que l'heure exacte de la fin du monde n'avait jamais été fixée.

Robert Fitzpatrick, qui a dépensé ses économies dans des publicités prévenant ses confrères de la fin du monde à venir, n'a pu cacher sa surprise, samedi.

«Je ne peux vous dire comment je me sens, je ne comprends pas ce qui se passe», a-t-il déclaré, alors qu'il se trouvait entouré de touristes en plein Times Square à New-York.

Plusieurs croyants ont lancé que le délai ainsi accordé était une façon pour Dieu de les tester dans leur foi.

«Lorsque vous affirmez quelque chose et que cela ne se produit pas, c'est seulement votre fierté qui est bafouée. Mais qui a besoin de fierté? Dieu a dit qu'il faut résister à l'orgueil et privilégier la modestie», a expliqué le coordonateur des projets spéciaux de Family Radio, Michael Garcia.

La terre tremble dans le Pacifique

Par ailleurs, un séisme d'une magnitude de 6,1 sur l'échelle de Richter est survenu près d'un archipel du Pacifique Sud, a annoncé le service géologique des États-Unis.

Aucun dommage ou risque de tsunami n'a été signalé.

Un communiqué du U.S. Geological Survey précise que le séisme est survenu, dimanche, à 19 kilomètres sous les îles Kermadec, un archipel appartenant à la Nouvelle-Zélande et qui ne compte aucun résidant permanent. Les îles Kermadec se trouvent à 1000 kilomètres à l'est d'Auckland, une ville néo-zélandaise.

La Nouvelle-Zélande a été secouée par plusieurs tremblements de terre et répliques sismiques depuis que la ville de Christchurch a été dévastée par un séisme, le 22 février. La secousse s'était soldée par la mort de 181 personnes.

La Nouvelle-Zélande se trouve au-dessus de deux plaques tectoniques qui se heurtent. Chaque année, plus de 14 000 séismes y sont signalés, mais dont seulement quelque 150 sont ressentis par la population et moins de 10 causent des dommages.

Le groupe que dirige Harold Camping avait notamment prédit que la fin du monde s'amorcerait par un tremblement de terre en Nouvelle-Zélande.