Un enregistrement audio réalisé il y a 30 ans par les services secrets américains jette un nouvel éclairage sur les moments de confusion qui ont suivi l'attentat dont a été victime le président Ronald Reagan en mars 1981.

Publié le 11 mars 2011
Calvin Woodward ASSOCIATED PRESS

L'enregistrement a été rendu public vendredi après une demande d'accès à l'information présentée par le journaliste Del Wilbert, du Washington Post, qui doit publier un livre sur l'attentat au cours des prochains jours.

John Hinckely fils a ouvert le feu contre le président et son entourage au moment où ils sortaient de l'hôtel Hilton, à Washington, blessant trois personnes en plus de M. Reagan.

Le président Reagan et ses gardes ont tout d'abord cru qu'il avait été blessé aux côtes en s'engouffrant dans sa limousine. Trente-quatre secondes après le début de l'enregistrement, l'agent Jerry Parr lance que «Rawhide» - le nom de code du président, inspiré des westerns qu'il adorait - est «ok». M. Parr indique ensuite qu'ils sont en route pour «Couronne», le nom de code de la Maison-Blanche.

Environ une minute plus tard, le plan change et les agents prennent la direction de l'hôpital universitaire George Washington. Personne ne mentionne que le président a été blessé par balle.

Mais à l'intérieur de la voiture, l'état de santé du président se détériorait rapidement. L'agent Parr avait rapidement examiné le président et, ne décelant rien d'anormal, avait préféré la sécurité des installations médicales de la Maison-Blanche à la cohue et l'incertitude d'une salle d'urgence. Quand M. Reagan découvre du sang dans sa bouche, il croit s'être simplement mordu.

Personne ne réalise qu'un balle a fait ricochet contre ses côtes pour se loger dans un poumon.

Le teint du président tourne toutefois de plus en plus au gris et il se plaint de difficultés à respirer. C'est à ce moment que l'agent Drew Unrue aurait pris la décision de se rendre à l'hôpital. Des sirènes sont entendues et une voix confirme la capture d'un suspect. Moins de quatre minutes après être partie du Hilton, la limousine présidentielle arrive à l'hôpital. Quelques minutes plus tard, «Arc-en-ciel» - la femme du président, Nancy - est en route.

Le président Reagan avait subi de graves blessures internes et perdu la moitié de son volume sanguin. Sa blessure par balle n'est toutefois découverte que lors de l'examen effectué par les médecins. Cela ne l'a pas empêché d'entrer à l'hôpital sur ses pieds, avant de faiblir et d'être placé sur une civière. Il lance alors à ses médecins une blague: «J'espère que vous êtes tous Républicains». Ce à quoi le médecin Joseph Giordano lui répond: «Aujourd'hui, M. le président, nous sommes tous Républicains».

M. Reagan demeurera hospitalisé pendant deux semaines et sa convalescence s'étirera sur plusieurs mois. Hinckley a été reconnu coupable pour cause d'aliénation mentale et confié à un hôpital psychiatrique. Il profite depuis quelques années de périodes de liberté de plus en plus longues.