«C'était un rêve, une prière!» À genoux face à sa mère, Ted Williams a du mal à croire à sa chance. Il n'avait pas vu sa mère depuis 20 ans: le voici devant elle, entouré d'une nuée de photographes. Il était sans-abri et mendiait aux feux rouges: il vient de faire la tournée des plus grandes émissions de télé américaines.

Mis à jour le 8 janv. 2011
Anabelle Nicoud LA PRESSE

À 53 ans, Ted Williams, «le sans-abri à la voix d'or», vient de conquérir l'Amérique en une nuit, ou presque.

L'histoire de Ted Williams ressemble à un conte de fées. Il y a encore une semaine, il arpentait les carrefours de Colombus, en Ohio, avec un écriteau accroché au cou: «J'ai un don de Dieu: ma voix». Remarqué par un journaliste local, Williams est filmé alors qu'il enchaîne les slogans publicitaires et annonces radio d'une voix de velours, profonde et assurée. Vêtu d'un parka kaki, les cheveux hirsutes et le visage amaigri, l'homme se présente comme un ancien animateur de radio, à la rue depuis 20 ans, sorti depuis deux ans des problèmes de drogue et d'alcool. La vidéo est devenue un succès en ligne -13 millions de vues en trois jours- et Williams, la nouvelle coqueluche des grands réseaux américains.

Depuis mercredi, il a été vu à The Early Show, au Today Show et à The Last Word With Laurence O'Donnell, en plus de prêter sa voix à l'émission Late Night With Jimmy Fallon. Ted Williams est maintenant convoité par Oprah Winfrey, l'équipe de basket des Cavaliers de Cleveland et les aliments Kraft.

«C'est sensationnel, c'est bouleversant! Mon Dieu, c'est extraordinaire. J'ai l'impression d'être Susan Boyle», s'est exclamé à la télévision celui qui s'est fait connaître comme le «Sans-abri à la voix d'or» (Homeless Man with the Golden Voice).

Le théâtre de l'esprit

Williams a eu le déclic radio à l'âge de 14 ans, quand il a rencontré un animateur qui ne ressemblait en rien à ce qu'il imaginait. «Il disait que la radio est le théâtre de l'esprit. Je me suis dit: "Hé! Je ne peux pas devenir acteur, je ne peux pas devenir présentateur de télévision, mais j'ai une voix"», raconte-t-il dans la vidéo qui l'a rendu célèbre.

Après quelques années de travail, Ted Williams est toutefois tombé dans la drogue et l'alcool, ce qui l'a mené à perdre son emploi et sa famille.

La machine médiatique américaine, qui prête à Ted Williams des offres au cinéma aux côtés de nul autre que Jack Nicholson, aurait toutefois pu ne jamais s'emballer si la première vidéo de Ted Williams avait été mise en ligne à un moment moins favorable, croit son auteur, Doral Chenoweth, du Colombus Dispatch.

En effet, Chenoweth a rencontré Williams quelques semaines avant Noël. Mais ce n'est que lundi dernier, lors d'une journée médiatiquement calme, qu'il a eu l'idée de mettre la vidéo en ligne. «Si j'avais sorti la vidéo avant Noël, elle n'aurait peut-être jamais suscité l'attention des médias nationaux», a-t-il dit, cité par la revue Entertainment Weekly. Mais Dieu fait bien les choses, croit Doral Chenoweth, et Ted Williams est devenu une star en deux jours. «Il est sans doute plus facile de parler maintenant à Obama qu'à Ted», dit-il, amusé.

-Avec AFP, The Colombus Dispatch, Entertainment Tonight, The Associated Press, Fox News, MSNBC, ABC, Entertainment Weekly.