D'influents élus démocrates du Congrès américain ont indiqué lundi que le Pentagone ne devrait pas être épargné par les coupes budgétaires, contrairement à ce que le président Barack Obama a souhaité dans son projet de budget pour l'exercice 2011.

Mis à jour le 1er févr. 2010
AGENCE FRANCE-PRESSE

Le président de la commission chargée de répartir les dépenses fédérales, Dave Obey, a indiqué dans un communiqué qu'il n'excluait pas de pratiquer des coupes du côté de l'armée.

L'idée est également soutenue par la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, qui estime que des «gaspillages peuvent être trouvés dans tous les ministères et toutes les agences» gouvernementales.

Or, le Pentagone est épargné par le gel des dépenses décidé par l'administration américaine.

Les chefs démocrates de gauche estiment également que le budget de l'aide américaine à l'étranger ne doit pas non plus être exempté de coupes budgétaires.

Mais le représentant démocrate Howard Berman, président de la commission des Affaires étrangères, a répondu qu'en «ces temps de difficultés économiques, il est particulièrement important d'investir dans un peu de préventif pour que nous n'ayons pas trop de curatif à faire».

Par ailleurs, le projet présenté officiellement lundi matin au Congrès a suscité des réactions diverses de la part d'élus, préoccupés par le montant de la dette américaine et souhaitant se focaliser sur l'emploi.

«L'emploi a été et continuera d'être la préoccupation première de notre commission», a dit M. Obey. L'élu démocrate influent s'est aussi engagé à travailler avec la Maison Blanche pour «réduire le déficit en même temps que l'économie se rétablit».

De son côté, Mme Pelosi a salué les réductions fiscales pour «créer des emplois et renforcer les fondamentaux de notre économie».

Manifestement peu satisfait du document présenté lundi matin, le sénateur républicain Judd Gregg a estimé dans un communiqué qu'après «un an de pouvoir (des démocrates) qui nous a mis sur la voie d'un doublement de la dette en 2013, le président devrait avoir un plan plus ferme pour contrer la crise budgétaire, car ce budget ne résoudra rien».

Selon M. Gregg, le budget présenté «prétend être responsable, mais contient davantage de dépenses, plus d'emprunts et plus d'impôts».

Le président de la commission du Budget du Sénat, le démocrate Kent Conrad, ne s'est pas prononcé explicitement sur le projet de budget, indiquant qu'il allait l'examiner «avec attention dans les prochains jours».

M. Conrad a toutefois souligné qu'il était «important de se souvenir de ce dont le président Barack Obama a hérité en prenant ses fonctions. L'administration précédente a doublé la dette nationale. L'économie était au bord du précipice et il y avait deux guerres».

Le sénateur démocrate a salué la proposition de la Maison Blanche de mettre en place une commission bipartite pour examiner les moyens de parvenir à terme à un budget équilibré, hors remboursement de la dette. «A long terme, nous devons commencer à nous préoccuper de la maîtrise de la dette», a écrit M. Conrad dans un communiqué.

Le Sénat avait rejeté la semaine dernière un amendement visant à créer une telle commission.

M. Obama a présenté lundi un projet de budget pour l'exercice prochain (octobre 2010 à septembre 2011) entamant la réduction d'un déficit colossal, qui reculerait à 1 502 milliards de dollars après 1 556 milliards en 2010, grâce à une hausse prévue de 19% des recettes fiscales.