Le président américain Barack Obama paraît bien décidé à ne pas se laisser bousculer par des adversaires de plus en plus impatients et devrait laisser passer encore plusieurs jours au moins avant d'annoncer sa décision très attendue sur l'envoi de renforts en Afghanistan.

Mis à jour le 20 nov. 2009
Laurent Lozano AGENCE FRANCE-PRESSE

M. Obama ne se prononcera pas avant la fête de Thanksgiving, le jeudi 26 novembre, a dit son porte-parole Robert Gibbs.

Une annonce paraît très improbable dans le creux auquel la grande fête familiale américaine donne lieu jusqu'au dimanche suivant, ce qui semble remettre au 30 novembre au plus tôt le moment où M. Obama dira s'il accède à la demande de son commandant sur le terrain.

Celui-ci voudrait environ 40 000 soldats en plus des près de 68 000 déjà déployés.

Avec le retour de M. Obama d'Asie jeudi, la plus importante décision stratégique de sa présidence passait pour n'être peut-être plus qu'une affaire de jours.

M. Obama s'était cependant donné de la marge mercredi en disant qu'il trancherait «dans les prochaines semaines».

Mais il est de plus en plus pressé par ses adversaires républicains, et accusé par certains de «tergiverser».

Quatorze parlementaires républicains ont écrit à M. Obama pour lui faire part de leur «profonde inquiétude» devant le temps qu'il prenait. La durée de la réflexion a semé le doute chez les Américains, les militaires et leurs alliés quant à la détermination du président «à faire ce qui est nécessaire pour gagner ce conflit. Pire encore, nous redoutons que ce processus n'aient fortifié nos ennemis», écrivent-ils.

«Beaucoup d'entre nous sommes impatients», a abondé John McCain, l'adversaire malheureux de M. Obama à la présidentielle.

La Maison Blanche n'a fourni aucune explication officielle au fait que M. Obama ne se déterminerait pas avant Thanksgiving.

Elle a dit à maintes reprises auparavant que M. Obama, tout en ayant conscience de l'urgence, prendrait le temps qu'il faudrait pour arrêter la bonne stratégie.

Ainsi, avant de partir pour l'Asie, la méfiance inspirée par un partenaire aussi important que le président afghan Hamid Karzaï avait convaincu M. Obama de demander à ses collaborateurs de réviser les quatre stratégies qu'ils lui soumettaient.

M. Obama était ainsi censé réunir un neuvième conseil de guerre à son retour d'Asie.

La Maison Blanche n'a rien dit vendredi sur la tenue effective, et à quelle date, de cette nouvelle réunion.

Depuis le précédent conseil de guerre, M. Karzaï, envers lequel la défiance était telle qu'elle divisait les collaborateurs de M. Obama, a été investi pour cinq nouvelles années de présidence après une victoire électorale entachée de fraudes massives.

Il a prêté serment en tentant de donner des gages à la communauté internationale et aux Etats-Unis quant à sa volonté de combattre la corruption et de faire en sorte que les Afghans soient à même d'assumer leur sécurité dans cinq ans.

Les propos devraient avoir retenu l'attention de M. Obama qui veut pouvoir dire aux Américains pour combien de temps ils s'engagent en Afghanistan.

Sa secrétaire d'Etat, Hillary Clinton, à Kaboul pour la prestation de serment, a salué les engagements de M. Karzaï comme un «nouveau départ».

L'investiture semble avoir coïncidé avec un radoucissement des Américains, conscients qu'ils allaient devoir coopérer avec M. Karzaï.

Le secrétaire à la Défense Robert Gates a ainsi affirmé vendredi que la communauté internationale avait sa part de travail à accomplir en veillant à ce que l'aide au développement et les passations de contrats ne participent pas à la corruption.