Barack Obama s'est adressé mardi aux écoliers américains à l'occasion de la rentrée scolaire, un discours qui a suscité une vive polémique avant même d'avoir été prononcé: groupes conservateurs et républicains accusent en effet le chef de la Maison Blanche de tenter d'endoctriner les élèves.

ANN SANNER ASSOCIATED PRESS

Le président américain a invité les élèves à se sentir responsables de leurs études, être assidus, écouter leurs professeurs. L'allocution a été diffusée en direct à la télévision et sur le site de la Maison Blanche. «Chacun a un domaine dans lequel il est doué. Chacun de vous a quelque chose à offrir», a-t-il expliqué aux élèves d'un collège d'Arlington, dans la banlieue de Washington. «La vérité, c'est qu'il est dur de réussir. Vous n'aimerez pas tous les sujets que vous étudiez. Mais il n'y a aucune excuse au fait de ne pas essayer»

Barack Obama a aussi confié que le fait de ne pas avoir eu son père chez lui quand il était enfant l'avait «forcé à grandir plus vite». Un élève lui a demandé avec qui il aimerait dîner s'il pouvait choisir. «Gandhi», a répondu Obama. «C'est quelqu'un qui m'inspire beaucoup. Il a inspiré le Dr (Martin Luther) King» avec son message de non-violence, a-t-il dit.

Avant même qu'il se rende à Arlington, groupes conservateurs et républicains ont dénoncé une opération d'endoctrinement. Ils ont tiré parti d'un document envoyé par le ministère de l'Éducation aux établissements scolaires, proposant une liste d'activités de classe à l'occasion du discours, comme écrire au président pour l'aider à remplir ses objectifs en matière d'éducation. Le ministère a depuis modifié ce document, reconnaissant que sa formulation était maladroite.

Mais la polémique était lancée. Elle donne aux républicains une nouvelle occasion de s'en prendre à Barack Obama au moment où le président, en baisse dans les sondages, s'efforce de convaincre l'opinion -et son propre camp- du bien-fondé de son projet de réforme d'assurance-santé.

Le président du Parti républicain de Floride, Jim Greer, s'est dit «absolument horrifié que l'argent du contribuable soit dépensé pour répandre l'idéologie socialiste du président Obama». Il s'est par la suite prononcé pour le discours, estimant que les pressions politiques exercées avaient permis d'amender le document diffusé aux établissements scolaires.

Les directeurs de certaines écoles ou collèges ont annoncé qu'ils ne diffuseraient pas la retransmission du discours, tandis que des parents d'élèves ont assuré qu'ils n'enverraient pas leurs enfants en cours mardi. Le ministre de l'Éducation Arne Duncan a dénoncé une polémique «stupide». La Maison-Blanche a de son côté noté que la diffusion du discours n'est en rien obligatoire, soulignant que les anciens présidents républicains Ronald Reagan et George H.W. Bush s'étaient eux aussi adressés aux écoliers.

Le président Obama a d'ailleurs reçu le soutien inattendu de l'ancienne première dame Laura Bush, épouse de son prédécesseur George W. Bush. «Le président des Etats-Unis est à sa place lorsqu'il s'adresse aux écoliers et les encourage», a souligné dans un entretien lundi à CNN Mme Bush, ancienne enseignante, tout en reconnaissant aux parents le droit de ne pas envoyer leurs enfants à l'école mardi.