Huit ans après sa prestation de serment à titre de 43e président des États-Unis, George W. Bush termine demain son mandat à la Maison-Blanche. Revoyons quelques événements et décisions ayant marqué ces deux mandats.

Mis à jour le 16 janv. 2009
André Duchesne LA PRESSE

La loi No Child Left Behind

Introduite par le président le 23 janvier 2001, il s'agit d'une vaste réforme scolaire dans laquelle le financement des écoles est tributaire de la réussite des élèves. Appuyée au départ par les deux grands partis, elle a permis d'enregistrer d'importants progrès dans certains domaines comme la lecture. Mais elle a aussi recueilli son lot de critiques. Barack Obama veut la réformer.

 

Le Patriot Act

L'adoption de cette loi est une conséquence directe des attaques du 11 septembre 2001. Elle fut rédigée et adoptée en un temps record. Signée par le président Bush le 25 octobre 2001, elle est entrée en vigueur le lendemain! Destinée à mieux protéger les États-Unis contre la menace intérieure, elle a donné beaucoup plus de pouvoirs de surveillance et d'intervention aux différentes agences fédérales comme le FBI, la CIA, etc. Depuis, d'aucuns en ont décrié les cas d'abus par ces mêmes agences pour recueillir illégalement des informations personnelles sur les citoyens.

Département de la Sécurité intérieure

Une autre conséquence des attaques terroristes. Ce ministère fut officiellement créé le 25 novembre 2002. Regroupant 22 agences fédérales, plus de 200 000 employés et bénéficiant d'un budget annuel de plus de 50 milliards US, le département voit à la protection du territoire américain contre le terrorisme intérieur et est responsable de la coordination en cas de catastrophe naturelle. C'est celui-ci qui tient à jour la fameuse (et parfois ridiculisée) échelle des couleurs d'une éventuelle attaque terroriste.

Aide à l'Afrique

Un des bons coups de l'administration Bush fut l'aide apportée à l'Afrique pour combattre les effets du sida, indiquent de nombreux analystes. Lorsque le président Bush a lancé son initiative d'urgence en 2003, environ 50 000 personnes recevaient des traitements antisida appropriés dans l'Afrique subsaharienne. Aujourd'hui, elles sont plus de deux millions à recevoir l'aide américaine. Le Congrès, uni derrière cette initiative, a déjà voté des crédits de 19 milliards US pour ce projet. Chez les critiques, on déplore que le plan insiste davantage sur l'abstinence que sur le port du condom qui assure une protection contre la transmission du virus.

La guerre en Irak

On compte 4226 soldats américains tués, 317 provenant d'autres pays, plus de 30 000 militaires blessés, des dizaines de milliers d'Irakiens sauvagement assassinés, un pays au bord de la guerre civile, des dépenses militaires d'entre 1000 et 2000 milliards US, des armes de destruction massive non existantes, des actes de torture et d'humiliation comme à la prison d'Abou Ghraib. Le président voulait ramener la démocratie en Irak. Que disait donc la banderole déployée sur le porte-avions Abraham Lincoln: «Mission accomplie» ?

Un système bancaire boiteux

La fin de la présidence Bush aura été marquée par le sauvetage des banques d'investissement et des assureurs de prêts hypothécaires à coups de centaines de milliards de dollars venant de fonds publics. Ironiquement, ce plan a d'abord été appuyé par les démocrates. Défenseurs acharnés du libre marché, les républicains ont embarqué avec réticence dans l'initiative. Plusieurs mettent cet épisode sur le compte de la déréglementation (amorcée sous Clinton) des règles financières qui ont conduit à la multiplication des prêts à haut risque.

Guantánamo Bay

La seule destination de Cuba où personne ne souhaite aller. L'emprisonnement d'individus soupçonnés de terrorisme sur cette base américaine est devenu le symbole du manque de respect de l'administration Bush envers la Constitution, le droit international et les droits individuels.

Bouclier antimissile

Le 13 décembre 2001, le président Bush avisait la Russie de son retrait du traité limitant le nombre de missiles antibalistiques, une initiative ouvrant la porte à son projet de bouclier antimissile auquel le Canada a décidé de ne pas prendre part. Le projet, où sont engloutis chaque année des milliards de dollars, est encore loin d'avoir atteint la fiabilité technologique voulue.