Déjà reconnu comme le leader mondial de la production d'opium, l'Afghanistan détiendrait également un titre similaire en matière de haschisch.

André Duchesne LA PRESSE

C'est ce qui ressort du premier rapport sur le cannabis en Afghanistan réalisé par l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC). Signé avec le ministère afghan de la lutte contre les narcotiques, le document d'une soixantaine de pages a été rendu public le 31 mars.

L'Afghanistan n'est pas le plus important producteur de cannabis en matière de volume des cultures. Mais sa production à l'hectare dépasse toutes les autres, constatent les auteurs de l'étude non sans cacher leur étonnement.

 

Les champs de cannabis permettent de produire 145 kg de résine de haschisch par hectare, exposent-ils. En comparaison, la production du Maroc, autre pays connu pour cette illicite industrie, serait de 40 kg par hectare.

«L'Afghanistan devient ainsi le plus important producteur de haschisch dans le monde avec un volume de 1500 à 3500 tonnes par année», a déclaré le directeur de l'ONUDC, Antonio Maria Costa.

Le document ajoute que de 10 000 à 24 000 hectares de plants de cannabis sont mis annuellement en culture en Afghanistan. Bien que des plantations aient été recensées aux quatre coins du pays, on est généralement plus actif dans le Sud, notamment dans la province de Kandahar. Une saisie de 245 000 kg a d'ailleurs été réalisée dans cette province, près de la frontière avec le Pakistan, en 2008.

L'an dernier, Kandahar arrivait au second rang des provinces afghanes pour les plus importantes saisies avec 6765 kg. La région de la capitale, Kaboul, arrivait au premier rang avec des saisies totalisant 11 319 kg.

 

Payant

La production de haschisch est payante pour les fermiers afghans, constate le rapport onusien. Selon les estimations, la valeur de la production de résine oscillait entre 39 et 94 millions de dollars US en 2009. C'est tout de même loin derrière la valeur de la production d'opium, qui atteignait 438 millions US. Par contre, la valeur à l'hectare versait en faveur du cannabis.

Un constat qui a fait réagir Jean-Luc Lemahieu, porte-parole de l'ONUDC, selon qui il est primordial de trouver des activités alternatives (et légales) afin que les agriculteurs puissent nourrir leur famille.

Les problèmes liés à la production de drogues, notamment d'opium, sont connus depuis longtemps en Afghanistan. Depuis les événements de 2001, les nations présentes dans le pays, dont le Canada, ont investi des sommes importantes pour la relance de l'agriculture.

Le rapport de l'ONU s'appuie sur une enquête exhaustive menée dans 1634 villages répartis dans 20 provinces du pays.