Les anciens présidents américains George W. Bush et Bill Clinton ont appelé lundi à la solidarité envers Haïti, dévasté par un séisme le 12 janvier, dans le cadre d'une mission humanitaire dans le pays le plus pauvre des Amériques.

Mis à jour le 22 mars 2010
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Notre mission ici est de rappeler au peuple américain qu'il y a encore beaucoup de souffrance en Haïti et qu'il reste beaucoup à faire», a déclaré M. Bush, dont c'était la première visite en Haïti.

Les deux ex-présidents américains ont mis sur pied le «Fonds Clinton-Bush pour Haïti» (www.clintonbushhaitifund.org) à la demande de leur successeur Barack Obama, quelques jours après le tremblement de terre qui a coûté la vie à plus de 220.000 Haïtiens.

Aux alentours du palais présidentiel, où MM. Bush et Clinton ont été reçus par le président René Préval, des centaines de manifestants tenus à distance par des policiers et des Casques bleus de l'ONU ont protesté contre la présence du président Bush et réclamé le retour au pays de l'ex-président Aristide en exil en Afrique du sud.

M. Aristide avait quitté le pouvoir sous la pression d'une insurrection armée et des gouvernements français et américain, alors que M. Bush était à la Maison Blanche.

«Notre mission avec la Fondation (Clinton-Bush) est de faire face à l'urgence mais aussi d'aider les Haïtiens à aller au-delà de l'urgence pour planifier le développement de leur pays», a déclaré Bill Clinton dont c'était la troisième visite en Haïti depuis le séisme du 12 janvier.

«Préval ne fait rien pour nous. Vous devez faire quelque chose pour le pays», a crié une femme au passage des ex-présidents américains au moment où ils visitaient un camp de réfugiés proche du palais présidentiel.

Les deux hommes ont également promis d'encourager la communauté internationale à donner plus d'argent à Haïti lors de la Conférence prévue le 31 mars à New York.

«Nous devons aussi nous assurer que les sommes promises sont versées et que l'argent est bien utilisé», a indiqué M. Clinton lors d'une conférence de presse en compagnie de MM. Bush et Préval.

«Vive Clinton» ou «A bas Bush»

Ils ont beau rêver des Etats-Unis, les Haïtiens ont envoyé un message ambigu lundi lors de la visite des anciens présidents américains George W. Bush et Bill Clinton. Le premier a été conspué, le second a eu droit aux vivats de la foule massée dans un camp de réfugiés.

M. Clinton, également émissaire spécial de l'ONU pour le pays, en est à sa troisième visite sur place depuis la catastrophe, alors que M. Bush n'a jamais mis les pieds en Haïti.

Les Haïtiens ont expliqué qu'ils veulent que ce voyage change leurs conditions de vie. «Nous faisons face à beaucoup de problèmes, nous n'avons pas suffisamment à manger, nous savons que vous pouvez faire quelque chose pour nous. Nous faisons reposer sur vous notre dernier espoir», dit une femme qui s'accroche au bras de George W. Bush, en nage sous le chaud soleil.

L'ancien président se défait de l'emprise en acceptant de poser pour une photo avec une jeune fille. Sans rien promettre.

A l'intérieur d'une tente, Bill Clinton est, lui, littéralement assiégé. Les complaintes et les demandes fusent de partout dans une bousculade à donner le tournis aux gardes du corps de l'ancien président.

Mais celui qui fait l'objet d'une vraie adulation aime bien les bains de foule. Il ne se fatigue pas de répondre à toutes les questions. Et sourit.

«A bas Bush! Welcome president Clinton! C'est lui qui nous avait ramené notre président (Aristide) renversé par un putsch en 1991 sous l'administration de Bush père», lance en choeur un petit groupe de manifestants.

Ce contraste illustre la fascination qu'exercent les Etats-Unis sur les Haïtiens, tout autant que leur rejet de ce qu'ils voient comme l'ingérence de Washington dans leurs affaires politiques.