Michaëlle Jean marche solennellement parmi les décombres de l'église où, bébé encore, elle a été baptisée.

Alexander Panetta LA PRESSE CANADIENNE

Quelques instants plus tard, la gouverneure générale du Canada se trouve au coeur d'une célébration enjouée et est accueillie par les chants de centaines de femmes.

Ces deux scènes, qui se sont succédé à quelques instants d'intervalle peu après l'arrivée en Haïti de la gouverneure générale, illustrent bien les contrastes inhérents au premier séjour de Mme Jean sur sa terre natale depuis le séisme qui a secoué le pays en janvier.

Michaëlle Jean est arrivée en Haïti lundi, pour un séjour de deux jours, avec des messages d'espoir, mais elle les a livrés avec la destruction pour toile de fond.

Mme Jean a débarqué d'un avion vêtue d'un ensemble vert et kaki à l'apparence plutôt militaire que vice-royale, puis a été accueillie par le président haïtien, René Préval, et des dignitaires. Mme Jean et M. Préval ont ensuite pris l'hélicoptère pour se rendre sur les ruines du palais présidentiel.

Arrivés à destination, la gouverneure générale et le président ont marché jusqu'à un belvédère. René Préval a ensuite offert ses condoléances au Canada et à Mme Jean pour les pertes subies. La marraine de la fille de la gouverneure générale a en effet trouvé la mort dans le séisme du 12 janvier.

«Chère Michaëlle Jean, vous êtes venue, vous avez vu et continuerez à voir que la dévastation a été immense, a déclaré le président Préval. Mais nous (les Haïtiens) devons avancer (...). Nous sommes reconnaissants aux Canadiens pour nous avoir aidé à prendre cette direction.»

Michaëlle Jean a ensuite profité de la première journée de son séjour en Haïti pour visiter les ruines de l'église où elle a été baptisée, édifice qui se trouvait à quelques pas du palais présidentiel.

L'église Sainte-Trinité n'est désormais plus qu'une pile de débris, et une voiture écrasée se trouve à proximité de l'entrée principale. Voilà ce qui reste de cet ancien site du patrimoine mondial de l'UNESCO qui était connu pour ses fresques colorées.

Mme Jean a d'ailleurs reçu en cadeau un débris portant la signature de l'artiste haïtien de renom Prephet Dufaut. Elle a tout d'abord refusé le cadeau, le jugeant de trop grande valeur.

L'ambiance était toutefois nettement plus festive à sa destination suivante.

La gouverneure générale s'est retrouvée au coeur d'une célébration tenue pour souligner la Journée internationale de la femme. Elle a été accueillie par les chants de centaines d'Haïtiennes.

Mme Jean s'est ensuite adressée à elles en créole, en anglais et en français, leur expliquant qu'elles représentent l'espoir du pays et qu'elles méritent d'être traitées avec respect.

La gouverneure générale s'est ensuite adressée aux hommes présents pour les implorer de traiter les femmes avec dignité.

Les participantes portaient des chandails sur lesquels était écrit: «Plusieurs femmes sont tombées. Mais nous continuerons à avancer. Haïti ne périra pas».

Mme Jean conclura son séjour en Haïti mardi avec une visite dans sa ville natale, Jacmel, où elle pourra constater les efforts d'aide du Canada.

Elle espère aussi y retrouver la maison où elle passait ses étés. La demeure a toutefois été lourdement endommagée, et les policiers de la Gendarmerie royale du Canada responsables de la sécurité de Mme Jean croient que cette escale est potentiellement dangereuse.

Après sa visite en Haïti, Michaëlle Jean passera une journée en République dominicaine, pays voisin d'Haïti, pour remercier les dirigeants pour toute l'aide offerte.