Les pires craintes du chef de la police de Montréal ont été confirmées cet après-midi. Rivé devant un téléviseur du centre d'aide pour la communauté haïtienne à Montréal-Nord, Yvan Delorme apprenait que son proche ami Doug Coates était mort.

Mis à jour le 16 janv. 2010
François Pierre Dufault LE DROIT

«C'était un grand ami, un homme extraordinaire. Ça m'affecte beaucoup», soupirait M. Delorme, les yeux rivés sur l'écran.

Le surintendant Coates était le commissaire intérimaire des opérations de la mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH). Il en était à sa troisième mission sur l'île. Son corps a été retrouvé sous les décombres du quartier-général des Nationaux Unies à Port-au-Prince. La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a confirmé son décès samedi après-midi.

«C'est une énorme perte pour Haïti, a ajouté M. Delorme. Il a consacré sa vie à ce pays et aux missions extérieures de la GRC. Il a énormément contribué au rétablissement de la paix pour les gens ordinaires d'Haïti.»

Le surintendant Doug Coates est le deuxième policier canadien décédé à la suite du séisme en Haïti. Lors d'un point de presse au quartier général de la GRC à Ottawa, en fin d'après-midi, le commissaire William Elliott a salué la détermination et la passion de son collègue disparu.

«Lors de deux séjours précédents en Haïti, en compagnie de Doug et d'autres membres, j'ai eu l'occasion d'observer personnellement la passion et la détermination des policiers canadiens en vue d'améliorer les choses pour les Haïtiens. C'est une profonde leçon d'humilité de constater tout le courage manifesté par ces membres dans leur mission», a déclaré M. Elliott avec émotion.

Douglas Coates a débuté sa carrière au sein de la GRC en 1979. Il était alors déployé en Alberta. Il a été membre d'unité tactique dans cette province avant de prendre le chemin d'Ottawa, où il se consacrait depuis 15 ans à la formation de forces policières à l'étranger.

Le surintendant Coates était marié et père de trois enfants. La famille du policier demeure à Cantley, en Outaouais.

«C'était un père et un époux dévoué. Il était très fier de sa famille et sa famille était très fière de lui. Son travail en Haïti a touché de nombreuses vies», a partagé Raf Souccar, le sous-commissaire de la GRC.

Il s'agit du deuxième policier de la GRC à trouver la mort à la suite du séisme qui a ébranlé Haïti. Jeudi, le corps du sergent Mark Gallagher, originaire d'Halifax, a été retrouvé dans les ruines de sa résidence de Port-au-Prince.

Les 80 autres policiers canadiens qui sont actuellement déployés en Haïti seraient tous sains et saufs, a fait savoir l'état-major de la GRC. Des policiers d'autres pays servant au sein de la même mission de paix internationale manqueraient toutefois à l'appel, selon M. Elliott.

«Dans les jours qui viennent, nous nous emploierons à rapatrier le corps de nos camarades tombés au champ d'honneur. Nous discuterons avec leurs familles, leurs proches et collègues de la meilleure façon de leur rendre hommage», a indiqué le commissaire.

- Avec La Presse