L'ouragan Irene s'est peu à peu essoufflé, hier, pour perdre toute sa puissance dévastatrice en soirée. Ses effets ont toutefois continué à se faire sentir dans l'est du Canada, où plus de 325 000 foyers ont manqué d'électricité et où une personne est portée disparue à la suite de la chute de son véhicule dans la rivière Yamaska (autre texte).

Pierre-André Normandin LA PRESSE

Hier matin, Hydro-Québec a rappelé d'urgence ses 54 équipes de monteurs de lignes envoyées la veille aux États-Unis pour aider au rebranchement des 5 millions de foyers américains privés de courant par Irene.

Au départ, 100 équipes devaient se rendre dans l'État du New Hampshire, mais la société d'État a décidé d'en dépêcher seulement la moitié dans un premier temps, au cas où la tempête frapperait durement la province. Ce qui est finalement arrivé, alors que 248 500 foyers ont été plongés dans le noir, de la Montérégie à la grande région de Québec. «Le deuxième convoi n'est jamais parti et on a décidé de rapatrier le premier étant donné les circonstances», a indiqué un porte-parole, Louis-Olivier Batty.

Vers 6h, ce matin, 25 000 résidences étaient toujours sans courant. La patience était de mise en Montérégie, en Estrie et à Québec, où certains pourraient avoir à attendre jusqu'à cet après-midi pour le rétablissement de l'électricité.

Hydro-Québec assure que la décision d'envoyer des équipes aux États-Unis n'a pas ralenti l'effort pour rebrancher les foyers québécois. «Ces équipes sont parties dimanche matin et la pluie commençait à peine à tomber sur le Québec. Dans les événements comme celui-là, il faut attendre que la tempête passe pour intervenir, parce que si les vents sont trop forts, les nacelles ne peuvent pas s'approcher des fils, c'est trop dangereux», a précisé Louis-Olivier Batty.

Les provinces atlantiques ont également été secouées hier par le passage d'Irene, même si la tempête avait alors perdu beaucoup d'intensité. Plus de 50 000 foyers néo-brunswickois ont manqué d'électricité, selon les données d'Énergie NB. La province voisine de la Nouvelle-Écosse a également été touchée par 20 000 pannes en cours de journée, il y en a eu 6500 à l'Île-du-Prince-Édouard.

Après avoir balayé le Québec dimanche et hier sur un couloir de 400 km de large, la tempête se trouvait hier soir au-dessus du Labrador, où elle avait perdu pratiquement toute sa force. «On a beaucoup de pluie et des vents forts, mais on n'a pas eu de pannes ou de bris liés au passage de la tempête», a indiqué hier soir une porte-parole de Newfoundland Labrador Hydro, Merissa Wiseman.

Les plus fortes précipitations entraînées par le passage d'Irene au Québec sont tombées à L'Islet, près de Québec, où l'on a enregistré une accumulation de 170 mm de pluie. Celles-ci restent bien en deçà des records observés en 2005 lors des passages des ouragans Katrina et Rita, qui avaient entraîné des accumulations de 330 mm sur la région de la Capitale-Nationale

Le bilan s'alourdit

Précédé par une tempête médiatique prédisant une dévastation comparable à celle causée par Katrina en 2005, Irene s'est avéré moins dévastateur que prévu sur les principales villes de la côte est américaine. Plusieurs voix se sont élevées pour critiquer les mesures de sécurité prises à l'approche de l'ouragan, notamment l'évacuation de New York. Il reste que le bilan de la tempête a continué à gonfler, hier, alors qu'on rapportait 38 morts dans 10 États, pendant que plusieurs régions isolées étaient toujours inondées.

Le niveau du lac Champlain était toujours inquiétant, hier soir. En un peu plus de 24 heures, celui-ci a augmenté d'une cinquantaine de centimètres, pour atteindre une hauteur de 29,5 m, tout près du seuil record à ce temps de l'année.

- Avec AP et CNN