Difficile d'apercevoir le groupe dans la noirceur de la nuit ni même de l'entendre de la rue. Les indignés de Montréal ont toutefois un nouveau lieu d'occupation: un pavillon du mont Royal. La Presse est allée à leur rencontre tard hier soir.

Isabelle Audet LA PRESSE

«Il y en a qui sont tellement indignés de ce qui s'est passé vendredi dernier au square Victoria qu'ils veulent continuer», raconte Marie-Ève Champagne, impliquée à Occupons Montréal depuis le début.

>>> Notre galerie de photos

Dans les heures qui ont suivi leur expulsion du square Victoria, un noyau dur d'indignés s'est mis à la recherche d'un nouvel abri pour poursuivre Occupons Montréal. Une poignée d'entre eux a déposé ses bagages dans un kiosque, près de l'avenue du Parc, légèrement en retrait.

Les jeunes vont et viennent, mais ils s'assurent que des membres du groupe y assurent une présence permanente. Et ce, malgré les règlements municipaux.

«Moi, personnellement, je ne vais pas quitter ce lieu volontairement, lance Paul Bode. On veut démontrer au public que nous sommes toujours ici. Ça n'a vraiment pas du tout terminé avec le square Victoria. Nous sommes tellement motivés pour continuer!»

Lors du passage de La Presse, peu après 23h, près d'une vingtaine de jeunes échangeaient sur le plancher troué du vieux kiosque. Ils discutent d'économie, de politique, et du matériel saisi pendant l'opération policière au square Victoria, vendredi dernier. Une demi-douzaine de sacs de couchage sont alignés au sol sur des boîtes de carton.

Sur les entrefaites, un petit groupe amène de la soupe chaude, du riz, de la salade et des viennoiseries à leurs camarades. «Si tu veux passer l'hiver dehors, il faut que tu manges du gras», explique un des indignés à un autre, qui grelotte sous une couverture.

Car la poignée d'irréductibles entend occuper le kiosque longtemps. Pour arriver à un siège qu'ils disent «responsable»,  ces indignés «encouragent fortement» la sobriété.

Ils admettent avoir tiré des leçons de l'occupation du square Victoria, où les problèmes d'itinérance, de toxicomanie et de consommation d'alcool ont entraîné plusieurs problèmes.

«On a appris beaucoup de choses à ce sujet au square Victoria, ajoute Paul. Tous les problèmes qu'on a eus là, ce sont des problèmes qui font que maintenant nous sommes beaucoup plus forts. C'étaient des étapes qui étaient nécessaires pour que l'on puisse venir où nous sommes maintenant.»

L'administration Tremblay n'a pas l'intention, cette fois, de laisser les indignés s'installer. «La Ville de Montréal ne tolérera pas la présence d'individus dans le parc du mont Royal pendant les heures de fermeture, a déclaré Gonzalo Nunez, porte-parole pour la Ville. On a l'intention de faire appliquer les règlements municipaux.»

Il ajoute que «le SPVM va prendre toutes les mesures nécessaires pour faire respecter le règlement».