Le président américain Barack Obama a salué vendredi le «courage et la dignité» du peuple tunisien, après la fuite du président Ben Ali, et appelé le gouvernement à organiser des élections «libres et justes» dans «un proche avenir», selon un communiqué de la Maison Blanche.

Mis à jour le 14 janv. 2011
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Je condamne et déplore le recours à la violence contre des citoyens qui ont exprimé pacifiquement leur opinion en Tunisie et applaudis le courage et la dignité du peuple tunisien», a fait savoir M. Obama, saluant «une lutte courageuse et déterminée pour des droits universels».

«Nous nous souviendrons longtemps des images du peuple tunisien cherchant à faire entendre sa voix», a-t-il affirmé.

«J'encourage toutes les parties à maintenir le calme et à éviter des violences et appelle le gouvernement tunisien à respecter les droits de l'homme et à organiser dans un proche avenir des élections libres et justes qui reflètent la volonté réelle et les aspirations des Tunisiens», a-t-il dit.

«Chaque nation donne vie au principe démocratique à sa façon, en se fondant sur les traditions de son peuple, et les pays qui respectent les droits universels de leur peuple sont plus forts et plus efficaces», a souligné le président américain.

«Je n'ai aucun doute sur le fait que l'avenir de la Tunisie sera plus radieux s'il est guidé par la voix du peuple tunisien», a-t-il conclu.

Le président Ben Ali, au pouvoir depuis 23 ans, a quitté vendredi la Tunisie après une contestation sans précédent de son régime qui a été réprimée dans le sang.

Les États-Unis ont été un allié du président Ben Ali dans sa lutte contre l'islamisme, tout en critiquant parfois son bilan en matière de droits de l'home.

La secrétaire d'Etat Hillary Clinton a quant à elle dit son espoir de travailler aux côtés des Tunisiens tout au long de la transition.

«Nous sommes déterminés à aider le peuple et le gouvernement à apporter la paix et la stabilité (en Tunisie) et nous espérons qu'ils travailleront ensemble afin de construire une société plus forte, plus démocratique et qui respecte les droits des gens», a expliqué Mme Clinton.

Le sénateur démocrate John Kerry, qui préside la commission des Affaires étrangères du Sénat, a estimé que la fuite de Ben Ali «va avoir des répercussions bien au-delà des frontières de la Tunisie».

Selon lui, les populations du Proche-Orient sont parmi les plus jeunes du monde et «aspirent à un avenir libre de toute répression politique, de corruption et de stagnation économique».