L'avocat britannique de Julian Assange, Mark Stephens, a assuré lundi qu'«un grand jury a été formé en secret» près de Washington afin de parfaire les charges qui peuvent être retenues aux États-Unis contre le fondateur de WikiLeaks.

Publié le 13 déc. 2010
AGENCE FRANCE-PRESSE

Interrogé sur la chaîne Al Jazeera, M. Stephens a assuré que, selon les autorités suédoises «un grand jury a été formé en secret à Alexandria», près de Washington.

La formation d'un grand jury, chargé de définir les accusations portées contre une personne, est strictement confidentielle aux États-Unis. Si l'information est vraie, cela signifie qu'une inculpation pourrait être imminente.

Julian Assange, devenu l'homme le plus recherché du monde après que son site a livré à plusieurs journaux 250 000 notes diplomatiques fin novembre - dont 1300 ont jusqu'ici été publiées -, est actuellement incarcéré en Grande-Bretagne pour une affaire de viol et violences sexuelles en Suède, qui réclame son extradition.

Mais, a affirmé M. Stephens, «nous avons compris que la Suède s'inclinera devant les États-Unis» qui devraient demander son extradition aussitôt qu'une inculpation sera formellement délivrée.

L'affaire de viol et de violences sexuelles en Suède «n'est rien d'autre qu'un moyen de le placer et le maintenir en détention», a poursuivi le conseil. «Il est égal aux Américains qu'il soit détenu en Suède ou en Grande-Bretagne, tant qu'il est détenu», a-t-il encore estimé.

L'administration américaine a maintes fois répété depuis deux semaines qu'elle souhaitait poursuivre M. Assange en justice, en utilisant notamment la loi américaine contre l'Espionnage qui prévoit que «toute personne ayant reçu ou obtenu (...) d'une autre personne tout document, note ou écrit concernant la défense nationale», sans autorisation, est passible de poursuites.

Le président Barack Obama a qualifié samedi les fuites orchestrées par  WikiLeaks d'«actes déplorables».