La publication par WikiLeaks de milliers de documents diplomatiques ultra-sensibles pourrait amener le président afghan Hamid Karzaï à «couper les ponts» avec la coalition de l'OTAN, s'inquiète l'ambassadeur américain à Kaboul, selon un rapport diffusé mercredi au Canada.

Mis à jour le 1er déc. 2010
AGENCE FRANCE-PRESSE

Dans une note obtenue par le journal The National Post, l'ambassadeur canadien en Afghanistan, William Crosbie, raconte sa réunion de samedi avec son homologue américain Karl Eikenberry.

À la veille de la divulgation par WikiLeaks de plus de 250 000 télégrammes diplomatiques américains, le représentant de l'administration Obama confiait craindre «des conséquences potentiellement dévastatrices» engendrées par l'étalage au grand jour des opinions des membres du département d'État.

«La principale inquiétude de (M. Eikenberry) est que ces fuites révèlent les réflexions tactiques, politiques et stratégiques, de même que les évaluations et les relations privilégiées avec des membres du gouvernement Karzaï ainsi que d'autres personnalités importantes en Afghanistan», écrit l'ambassadeur canadien.

«Eikenberry pense que cela va alimenter la paranoïa et la méfiance qu'a Karzaï à l'égard des États-Unis (et de ses alliés)», raconte M. Crosbie, selon la transcription publiée sur le site internet du quotidien conservateur.

En outre, le diplomate américain craint que cela «mette la pression sur les réformateurs à l'intérieur du gouvernement pour qu'ils s'en aillent et amène Karzaï à se placer dans une position toujours plus conflictuelle avec les États-Unis et l'OTAN».

Les Alliés s'inquiètent par ailleurs de plus en plus du poids du directeur de cabinet du président afghan, Umar Daoudzai, que l'ambassadeur canadien décrit comme un homme «corrompu, une éminence grise protégée par l'Iran et dont l'influence paraît croître chaque jour».