À l'instar des États-Unis, le gouvernement canadien réfléchit actuellement à dégeler les actifs saisis du régime du dictateur Mouammar Kadhafi, en Libye, afin de permettre au Conseil national de transition de bénéficier de ces fonds.

Mis à jour le 30 août 2011
Malorie Beauchemin LA PRESSE

La semaine dernière, le département d'État américain a annoncé le dégel de 1,5 milliard de dollars pour aider les insurgés à répondre aux besoins humanitaires urgents de la population et à mettre sur pied un gouvernement stable.

Alors que le leader libyen est toujours introuvable depuis que les rebelles ont pris le contrôle de la capitale, Tripoli, les représentants d'une soixantaine de pays, dont le Canada, se rencontreront à Paris demain, et discuteront des moyens à prendre par la communauté internationale afin d'appuyer les autorités de transition en Libye.

Ottawa a saisi en mars dernier, dès le début du conflit, quelque 2 milliards de dollars en actifs appartenant au régime libyen mais se trouvant dans des institutions canadiennes.

À la veille du départ pour l'Europe du premier ministre Stephen Harper, son directeur des communications, Dimitri Soudas, a confirmé que le gouvernement canadien «étudiait actuellement les options et le processus à suivre pour dégeler ces actifs» afin qu'ils servent aux insurgés, tout en s'assurant qu'ils soient utilisés à bon escient, pour des raisons humanitaires notamment.

La rencontre des «pays amis de la Libye», coprésidée par le président français, Nicolas Sarkozy, et le premier ministre britannique, David Cameron, servira par ailleurs à établir les besoins, les priorités et à «coordonner les efforts», des membres de la communauté internationale, a ajouté M. Soudas. La contribution du Canada pour la suite des choses n'a pas encore été définie, et pourrait toucher différents secteurs: la sécurité, le développement économique, l'établissement d'un système de justice, la construction de la démocratie.

«L'objectif ultime, c'est que le peuple libyen puisse élire librement et démocratiquement son gouvernement et qu'il puisse vivre dans un pays où il n'y pas de violations des droits de l'homme comme on en a connu sous le régime précédent», a estimé M. Soudas, refusant de dire si le gouvernement canadien était inquiet de la présence possible d'éléments islamistes au sein du Conseil national de transition.

L'armée reste

Le premier ministre Harper profitera aussi de cette rencontre pour aller à Trapani, en Italie, saluer les soldats canadiens qui ont participé, depuis le mois de mars, à la mission de l'OTAN en Libye.

Répondant à la résolution des Nations unies pour la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne, Ottawa a déployé plus de 650 membres des forces armées canadiennes, une frégate, sept avions de chasse CF-18, des ravitailleurs et des aéronefs de patrouille maritimes. Le commandement de l'opération est toutefois situé en Italie, le Canada n'ayant ni troupes au sol ni ressources diplomatiques actuellement en Libye.

En juin, au moment de prolonger la mission canadienne de trois mois (jusqu'à la fin septembre), le ministère de la Défense nationale estimait que le coût total du déploiement se chiffrerait autour de 60 millions de dollars.

À elles seules, les forces armées canadiennes ont largué au-dessus de la Libye, en date de mardi, 575 bombes guidées au laser, dont le coût est estimé à 100 000 dollars l'unité.

Pour l'instant, malgré la prise de contrôle du pays par les insurgés, les soldats canadiens continueront leur mission, ont confirmé de hauts dirigeants canadiens, étant donné que la violence envers les civils continue. L'objectif premier de la mission de l'OTAN en Libye, telle que défini en mars, était justement la protection des civils.

«Il est trop tôt pour dire quels pourraient être les besoins à court et à long terme», a conclu Dimitri Soudas. La mission canadienne doit normalement se terminer le 27 septembre.