Après avoir refusé pendant des semaines de révéler certains détails de la mission des forces armées canadiennes en Libye, le ministère de la Défense nationale a indiqué, mercredi, que le Canada avait jusqu'à présent largué 240 bombes guidées au laser sur le pays du colonel Mouammar Kadhafi, qui refuse toujours de céder le pouvoir.

Mis à jour le 25 mai 2011
Malorie Beauchemin LA PRESSE

Mais les responsables militaires refusent toujours de divulguer les coûts de l'opération, jugeant que c'est à Ottawa de divulguer ces chiffres.

«Le processus d'évaluer les coûts a toujours lieu et le gouvernement du Canada va prendre la décision de donner cette information à un moment approprié», s'est contenté de répéter le brigadier général Richard Blanchette, lors d'une séance d'information technique, mercredi.

Les forces armées canadiennes, plaidant des raisons de sécurité nationale, refusent aussi de révéler si les 240 bombes larguées par le Canada ont atteint les cibles prévues.

Or, d'autres pays, comme la Norvège et la France, fournissent des informations sur une base régulière concernant leur implication en Libye, notamment sur le coût estimé de l'opération, le prix à l'unité de chacune des bombes lancées, ou encore sur l'atteinte de cibles.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté le 17 mars dernier une résolution prévoyant la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne, afin de protéger les civils libyens contre les attaques du colonel Kadhafi.

Le Canada a immédiatement indiqué qu'il participerait à la mission, maintenant sous l'égide de l'OTAN.

C'est la première fois depuis le début de l'opération que la Défense nationale, à Ottawa, rend public le nombre de bombes guidées au laser larguées par les quelque 600 militaires canadiens qui oeuvrent dans ce théâtre d'opérations.

La situation progresse

Des 3100 sorties de l'OTAN pour mener des frappes aériennes, 324 ont été réalisées par les militaires canadiens, qui ont largué un total de 240 bombes, a expliqué le brigadier général Blanchette. Même si la mission n'a toujours pas eu l'effet escompté - le départ de Mouammar Kadhafi -, le porte-parole militaire estime que la situation sur le terrain progresse.

«Les troupes de Kadhafi dans de nombreux endroits ne sont plus en mesure d'affecter les populations civiles parce l'artillerie qui bombardait à répétition la ville a été repoussée à l'extérieur de la portée de ces armes-là, a souligné le brigadier général. On se rend compte que Kadhafi lui-même est dans une position où il doit se cacher. Il a de plus en plus de difficulté avec ses troupes et à mener des actions contre la sécurité des civils en Libye.»

Alors que l'échéance de trois mois, fixée par la Chambre des communes pour la durée de la participation canadienne à la mission, approche à grands pas, le chef de l'opposition officielle néo-démocrate, Jack Layton, a réclamé un débat en Chambre, dès la rentrée parlementaire, pour faire le point sur les opérations et évaluer la suite possible des choses.

«Nous avons des inquiétudes concernant la façon dont les frappes aériennes sont effectuées. Le gouvernement doit nous expliquer ouvertement ce qui se passe sur le terrain, a estimé M. Layton. La population s'inquiète de l'impact sur les civils et se demande si nous serons poussés vers une mission de terrain plutôt qu'aérienne.»