Depuis sa création par l'administration Bush en 2002, la prison de Guantánamo, à Cuba, a accueilli 779 détenus arrêtés dans le cadre de la «guerre au terrorisme». La direction de la prison a été critiquée pour avoir permis que les prisonniers soient torturés de différentes façons. La prison est toujours active, et compte 171 prisonniers

Publié le 12 sept. 2011
Nicolas Bérubé LA PRESSE

✪ PROFANATION DU CORAN

Le Coran a été manipulé de manière à offenser les détenus à la prison de Guantánamo.

Un rapport de l'armée américaine, diffusé en 2005, a révélé que des exemplaires du Coran avaient été arrosés d'eau et d'urine ou encore piétinés.

Au total, cinq incidents impliquant des exemplaires du Coran ont été signalés et authentifiés par l'armée, qui soutient que les responsables ont reçu des réprimandes ou ont été mutés à des postes où ils n'auraient pas de contact avec les prisonniers.

✪ TORTURE PAR L'EAU

La torture par l'eau (waterboarding) a été utilisée à Guantánamo. Durant plusieurs années, différents officiels de l'administration Bush ont d'abord nié, puis défendu l'usage de la torture par l'eau.

La méthode a été abondamment utilisée: Khalid Cheikh Mohammed, responsable de la planification des attentats du 11-Septembre, a été torturé 183 fois de cette façon.

Barack Obama estime que la pratique est un «triste chapitre» de l'histoire américaine, et il l'a interdite après son arrivée au pouvoir, en janvier 2009.

Photo: Joe Skipper, Reuters

Mirador à la base militaire américaine de Guantanamo de Cuba.

✪ SÉVICES SENSORIELS

En 2004, le Washington Post a publié des documents confidentiels dans lesquels le Pentagone donne son aval à la privation de sommeil, à l'exposition à des températures extrêmes, à l'utilisation de lumières vives ou de musique forte durant les interrogations des prisonniers.

Des militaires ont notamment utilisé la musique de la série télévisée pour enfants Barney le dinosaure, de même que la pièce F*** Your God du groupe métal Deicide (une pièce qui, ironiquement, dénonce le christianisme).

Le gouvernement reconnaît qu'il y a eu des écarts de conduite, mais il soutient qu'il n'y a pas eu de sévices systématiques.

Photo Patrick Sanfaçon, La Presse

Salle d'interrogatoire pour les détenus au Bureau de Révision à la base de l'Armée américaine de Guantanamo à Cuba.