Dans une ambiance quasi euphorique, le président américain a signé hier à la Maison-Blanche sa réforme du système de santé, promulguant une loi contre laquelle les républicains ont aussitôt intenté une action devant la justice fédérale.

Mis à jour le 24 mars 2010
Richard Hétu, Collaboration spéciale LA PRESSE

Barack Obama n'avait pas affiché un sourire aussi resplendissant depuis le 4 novembre 2008. En fait, à entendre ses conseillers, le président a tiré du passage de sa réforme du système de santé une joie plus grande encore que celle que lui a procurée son élection à la présidence des États-Unis. 

Cette joie, Barack Obama n'était pas le seul à la manifester hier matin dans l'East Room de la Maison-Blanche, où régnait une ambiance quasi euphorique à l'occasion de la promulgation de cette réforme historique, dont l'un des objectifs principaux est d'étendre la couverture médicale à 32 millions d'Américains qui en sont dépourvus.

«Alors qu'arrive le printemps, nous saluons l'avènement d'une nouvelle ère aux États-Unis», a déclaré le président démocrate avant de signer peu avant midi le texte de loi approuvé par le Sénat le 24 décembre et par la Chambre des représentants dimanche soir.

«Nous avons gravé le principe essentiel selon lequel chacun devrait jouir d'une sécurité minimale lorsqu'il s'agit de sa couverture médicale», a ajouté le président, tout en précisant avoir promulgué la nouvelle loi au nom de sa mère, «qui s'est battue avec les compagnies d'assurances alors qu'elle luttait contre le cancer à la fin de sa vie».

Barack Obama venait à peine d'apposer sa signature au bas de la législation que le ministre de la Justice de la Floride, Bill McCollum, annonçait qu'il avait intenté une action devant la justice pour contester la réforme. Candidat au poste de gouverneur de la Floride, McCollum a été rejoint dans sa poursuite par ses collègues de 12 États, dont ceux du Texas, du Nebraska et du Michigan.

Ces ministres de la Justice, tous des républicains à l'exception de celui de la Louisiane, s'attaqueront notamment à une disposition de la réforme qui obligera la plupart des Américains à souscrire une assurance maladie sous peine d'amende. Au dire de Bill McCollum, cette disposition «viole clairement la Constitution américaine et empiète sur la souveraineté des États».

Plusieurs experts constitutionnels doutent des chances de réussite de cette action juridique. Celle-ci s'inscrit néanmoins dans une contestation qui s'étendra évidemment au terrain politique. Au lendemain du vote de la Chambre des représentants, plusieurs dirigeants républicains ont promis d'abroger la réforme, un engagement qui constituera un de leurs principaux thèmes d'ici aux élections de mi-mandat en novembre.

Le président Obama a donné une idée de la réplique des démocrates hier à la Maison-Blanche, en énumérant les dispositions de la réforme dont les Américains pourront profiter dès cette année. Il se réjouira sans doute des résultats du premier sondage réalisé après le vote de la Chambre des représentants. Selon l'étude Gallup, 49% des Américains estiment que ce vote est une bonne chose, contre 40% qui pensent le contraire.

Ce sondage a également dû rassurer les démocrates du Sénat, qui ont commencé hier l'examen d'un texte de 150 pages contenant des amendements au texte de loi que le président a signé. Ces amendements, approuvés dimanche soir par la Chambre des représentants, doivent être adoptés par le Sénat avant d'être envoyés pour promulgation à la Maison-Blanche.

Photo: AP

Barack Obama a signé peu avant midi le texte de loi.