(Nations unies) « Les migrations vont continuer », a affirmé samedi à l’Assemblée générale de l’ONU le premier ministre haïtien Ariel Henry, en rappelant aux États-Unis, à propos du choc des images du refoulement d’immigrants haïtiens à la frontière américano-mexicaine, qu’ils ont été bâtis grâce aux migrants.

Agence France-Presse

« Ces derniers jours, les images du traitement réservé à plusieurs de mes compatriotes à la frontière entre le Mexique et les États-Unis ont choqué plus d’un », a déclaré le responsable haïtien dans un discours vidéo préenregistré.

« Sans vouloir contester le droit d’un État souverain de contrôler l’accession d’étrangers à son territoire, ou de renvoyer dans leur pays d’origine ceux qui y pénètrent illégalement, nous croyons que beaucoup de pays aujourd’hui prospères ont été construits par des vagues successives de migrants et de réfugiés », a-t-il souligné.

Plusieurs dizaines de milliers de migrants, pour la plupart haïtiens, sont arrivés depuis début septembre à la frontière entre le Mexique et les États-Unis. Cet afflux massif et le traitement subi par certains migrants, repoussés par des membres de la police des frontières à cheval alors qu’ils traversaient le fleuve séparant les deux pays, a valu une avalanche de critiques à l’administration de Joe Biden, jugée inhumaine par la gauche et laxiste par la droite.

CAPTURE D'ÉCRAN ASSOCIATED PRESS

Ce problème des migrants doit nous rappeler que les êtres humains, les pères et les mères de famille, vont toujours fuir la misère et les conflits, et chercher à offrir de meilleures conditions de vie à leur progéniture.

Ariel Henry, premier ministre d'Haïti

« Les migrations vont continuer tant qu’il y aura sur notre planète des zones de prospérité tandis que la majeure partie de la population mondiale vit dans la précarité, parfois extrême, sans perspective d’une vie meilleure », a-t-il précisé.

Selon lui, « pour trouver une solution durable au problème migratoire, il faut s’attaquer aux causes profondes des déplacements humains ». « J’invite la communauté internationale à renforcer de manière urgente les mesures pour améliorer les conditions d’existence dans les pays pourvoyeurs de réfugiés politiques ou économiques », a lancé le premier ministre haïtien.